Mono de maravilla…
Hôtel Stella/Intérieur nuit/ Chambre.
Jean-Paul Belmondo dans le rôle de Gabriel Fouquet. Jean Gabin dans celui d’Albert Quentin.
Dialogue :
GABRIEL FOUQUET : « Ah, mon vieux papa ! … Heureusement que je t’ai, hein ? Ça ne t’ennuie pas que je t’appelle papa ? »
ALBERT QUENTIN : « Ben non, ça ne m’ennuie pas. »
GABRIEL FOUQUET : « Je vais inviter la patronne à prendre un verre. »
ALBERT QUENTIN : « Elle dort, la patronne. Tout le monde dort. Allez… »
GABRIEL FOUQUET : « Les manières se perdent. On ne s’est jamais couché si tôt à Madrid. J’espère qu’elle me fera tout de même la grâce d’assister à mes débuts aux Arènes Monumentales. »
ALBERT QUENTIN : « Je lui ferai part de votre aimable invitation. »
GABRIEL FOUQUET : « Y aura du monde, Luis Miguel attire toujours la foule. Y a longtemps que je rêve de triompher à Madrid. Le public sera exigeant surtout derrière Miguelito. Je vais être obligé de prendre des risques ».
ALBERT QUENTIN : « Eh bien, j’espère que tout se passera bien. »
GABRIEL FOUQUET : « Je mettrai mon costume blanc, celui de mes débuts. Vous vous souvenez de cette novillada de Tolède ? Ce vent froid, ce public affreux et ce taureau qui ne voulait pas mourir. Mais depuis, j’en ai estoqué plus de cent. Je suis le plus grand matador français, Gabriel Fouquet, plus grand que Pierre Schull. Yo soy único ! Ç a vous intéresse, papa ? »
ALBERT QUENTIN : « Peut-être… »
GABRIEL FOUQUET : « Qu’est-ce qui vous intéresse ?… Le matador, le taureau ou l’Espagne ? »
ALBERT QUENTIN : « Le voyage, votre façon de voyager. »
GABRIEL FOUQUET : « Ah ! Ça, c’est un secret. »
ALBERT QUENTIN : « Oh, la-la ! Le véhicule, je le connais, je l’ai déjà pris. Et ce n’était pas un train de banlieue, vous pouvez me croire. Monsieur Fouquet, moi aussi, il m’est arrivé de boire. Et ça m’envoyait un peu plus loin que l’Espagne. Le Yang-Tsé Kiang, vous avez déjà entendu parler du Yang-Tsé-Kiang ? Ça tient de la place dans une chambre, moi, je vous le dis. »
GABRIEL FOUQUET : « Sûr. Et alors ? Deux Xérès ? »
ALBERT QUENTIN : « Je ne bois plus. Je croque des bonbons. »
GABRIEL FOUQUET : « Et ça vous mène loin ? »
ALBERT QUENTIN : « En Chine, toujours mais plus la même. Maintenant, c’est une espèce de Chine d’antiquaire. Quant à descendre le Yang-Tsé-Kiang en une nuit, c’est hors de question. Pfft ! Un petit bout par-ci, un petit bout par-là. Et encore, pas tous les soirs, les sucreries font bouchon. »
ALBERT QUENTIN : « Allez… Bonsoir. »
GABRIEL FOUQUET : « Papa ! »
ALBERT QUENTIN : « Oui ? »
GABRIEL FOUQUET : « Je crois que j’ai raté mon train pour Madrid ! »
ALBERT QUENTIN : « Monsieur Fouquet, quand on a les rêves que vous avez dans la tête, on ne se tourmente pas pour un train raté. Savez-vous à qui vous me faites penser ? A un de ces singes égarés comme on en rencontre en Orient au moment des premiers froids. Quand ils sont assez nombreux, on chauffe un train pour eux et on les renvoie vers leurs forêts natales. »
«Un singe en hiver» d’Henri Verneuil (1962).
Datos
« Un singe en hiver » est un roman d’Antoine Blondin paru en 1959 aux éditions de la Table Ronde et lauréat du prix Interallié la même année.
Ce roman est connu du grand public grâce au film d’Henri Verneuil, Un singe en hiver (1962) interprété par Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo.
Le jeune Fouquet, père d’une petite fille et divorcé, échoue à Tigreville, en Normandie. Il loge au Stella, un hôtel tenu par M. et Mme Quentin. Une amitié, qui confine à celle qui unit un père et un fils, se noue entre les deux hommes.
Tous deux font des rêves d’ailleurs, la Chine pour l’ancien combattant, l’Espagne pour le jeune homme ; mais si Fouquet aime la boisson, Quentin a juré de n’y plus toucher.
Dans ce cadre spectral d’une station balnéaire normande, « « Un singe en hiver » narre le rapprochement de ces deux êtres qui, à leur manière, éprouvent bien du mal à vivre dans ce monde, pétri de douleur et de solitude.
Ils trouveront le réconfort lors d’une soirée épique, où ayant abjuré, M. Quentin se saoule et entraîne Fouquet dans son délire.
Pierre Schull : 18 avril 1936 à Charleval / 24 février 2008.
Viste por vez primera de luces en Arles el 1 de abril de 1951, y torea con picadores en Barcelona el 30 de mayo de 1955, alternando con Gregorio Sánchez, José Evasla Cáceres y El Pío. El 15 de julio de 1956 se presentó en la plaza madrileña de Vistalegre, estoqueando novillos de Álvarez Gómez con Adrián Lillo y Hilario Serrano.
Tuvo una buena actuación, pero recibió una grave cornada en el muslo derecho al entrar a matar a su segundo novillo. Toreó cinco corridas durante dicho año, número que ascendió a quince en el siguiente. En 1958, después de actuar en dieciocho novilladas, tomó la alternativa en Arles de manos de Luis Miguel Dominguín, quien le cedió el toro Lujoso, número 51, chorreado, del duque de Pinohermoso. Fue tercer espada Luis Segura.
Tras la alternativa permaneció en activo varias temporadas. Toreó al menos cinco corridas en 1959 y dos en 1960, sin que revalidara tal doctorado en cosos españoles. Fue uno de los toreros de más calidad entre los nacidos allende el Pirineo.
Patrice Quiot
