Le dire d’Antonin et le toreo de José Antonio…

 

« Il y a dans tout dément un génie incompris ».

« La réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité ».

« Il suffit d’avoir le génie et de savoir l’interpréter ».

« Savez-vous ce que c’est que la sensibilité suspendue, cette espèce de vitalité terrifique et scindée en feux, ce point de cohésion nécessaire auquel l’être ne se hausse plus, ce lieu menaçant, ce lieu terrassant ».

« La vie est de brûler des questions ».

« Paysages de convulsions fortes, de traumatismes forcenés, comme d’un corps que la fièvre travaille pour l’amener à l’exacte santé ».

« Nul n’a jamais inventé que pour sortir en fait de l’enfer ».

« Il est venu un temps où il fallut choisir entre renoncer à être homme ou devenir un aliéné évident ». 

« Il s’agit par un tel spectacle d’arriver à une sorte d’orchestration grandiose où non seulement le sens et l’intellect participent comme dans certains grands opéras, mais encore toute la sensibilité nerveuse disponible et dont le public en général ne se sert que dans les occasions extra-théâtrales, mouvement sociaux, catastrophes intimes, accidents et exaltations de toutes sortes qui font de la vie la plus gigantesque des tragédies ».

 

Datos

 

Antonin Artaud, né le 4 septembre 1896 à Marseille et mort le 4 mars 1948 à Ivry-sur-Seine, est un théoricien du théâtre, acteur, écrivain, essayiste, dessinateur et poète français.

La poésie, la mise en scène, la drogue, les pèlerinages, le dessin et la radio, chacune de ces activités a été un outil entre ses mains, un moyen pour développer son art.

Toute sa vie, il a lutté contre des douleurs physiques, diagnostiquées comme issues de syphilis héréditaire, avec des médicaments, des drogues. Cette omniprésence de la douleur influe sur ses relations comme sur sa création. Il subit aussi des séries d’électrochocs lors d’internements successifs, et il passe les dernières années de sa vie dans des hôpitaux psychiatriques, notamment celui de Rodez. Si ses déséquilibres mentaux ont rendu ses relations humaines difficiles, ils ont aussi contribué à alimenter sa création. Il y a d’un côté ses textes « fous de Rodez et de la fin de sa vie », de l’autre, les textes fulgurants de ses débuts.

Dans son œuvre immense, il fait délirer l’art. Son œuvre graphique est également importante. Il a fait l’objet d’un legs important au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou en 1994. Une partie de ses œuvres a été exposée en 2011.

Dans «Le Théâtre et le Mexique», Artaud écrit : « Dans un monde où la civilisation blanche a fait faillite, et prouve par tous les moyens sa nocivité redoutable, ce n’est pas le moment de détruire les sources qui pourraient nous éviter de désespérer. »

Dans «La corrida et les sacrifices humains», Artaud écrit : « L’acteur qui va commettre un crime ne le commet pas en réalité ; il garde par conséquent intactes les forces qui lui servent pour son crime. Le véritable criminel, au contraire, du point de vue du théâtre, est un mauvais acteur, car il finit par perdre ses forces. »

 

José Antonio Morante Camacho « Morante de la Puebla » né le 2 octobre 1979 à La Puebla del Río (province de Séville, Espagne).

Débuts en novillada sans picadors : Villamanrique de la Condesa (Espagne, province de Séville) le 3 septembre 1988.

Débuts en novillada avec picadors : Guillena (Espagne, province de Séville) le 16 avril 1994. Novillos de Carlos Núñez.

Présentation à Madrid : 23 avril 1995. Novillos de Jiménez Pasquau.

Alternative : Burgos (Espagne) le 29 juin 1997. Parrain César Rincón, témoin Fernando Cepeda. Taureaux de Juan Pedro Domecq.

Confirmation d’alternative à Madrid : Le 14 mai 1998. Parrain Julio Aparicio, témoin Manuel Díaz El Cordobés. Taureaux de Sepúlveda.

Confirmation d’alternative à Mexico : 25 décembre 2000. Parrain « Armillita Chico », témoin Ignacio Garibay.

Le 26 avril 2023, dans les arènes de Séville, au cours d’une corrida devenue légendaire, Morante de la Puebla coupe les deux oreilles et la queue. Un événement historique puisqu’il s’agit d’une première dans ces arènes, temple de la tauromachie, depuis Ruiz Miguel qui en fit de même le 25 avril 1971.

Le 12 octobre 2025, après avoir coupé deux oreilles à son second toro, il s’avance au centre du ruedo et, en larmes et dans la stupeur générale, se coupe la coleta, se retirant définitivement.

Il est peut-être le plus grand torero de l’histoire…

Patrice Quiot