Tout…
Il est un tout.
Une épopée mystique.
Un poème lyrique.
Cervantès et Tirso de Molina.
En faroles, derechazos et naturelles.
Une fable épique.
Une ode baroque
Calderón de la Barca et Lope de Vega.
En volutes d’encens.
Une romance au secret.
Un conte d’aventure.
Jules Verne et Herman Melville.
En remates et desplantes.
Une élégie de l’abandon.
Un corps oublié.
Ivre de liberté.
En strophes de desgarro.
Un lexique de l’authentique.
Aucune passe semblable, aucune périphrase.
Rien d’inutile.
Le vrai comme principe.
Une justesse de ton et une ponctuation al compàs.
Un questionnement de chaque instant.
Une interrogation sur la vie.
Avec la préciosité d’une Madame de Scudéry.
Un toreo dans sa forme la plus noble.
Chateaubriand et Hugo les mains jointes.
Sur la collerette du capote ou le palo de la muleta.
Et celle de François Villon sur la bola chamoisée de l’épée.
Il fit de démons capricieux des séraphins soumis.
Et un après-midi sur les rives du Guadalquivir aux étoiles.
Offrit à son peuple la genette tachetée de bonheur.
Du rabo de l’éternité.
Il est un tout.
Le 12 octobre 2025, à Madrid, le tout défit de sa castañeta une mèche de ses cheveux.
Le 20 janvier 2026, on ne sait où, le tout revint sur sa décision.
Et décida de renouer la mèche.
De sa destinée.
Pourquoi ? Se demandent beaucoup.
Coup de com ? disent certains.
En a-t-il besoin ? Non.
Coup de fric disent d’autres.
N’est-il-pas déjà riche ? Si.
Inconstance dans sa conduite se gaussent d’autres.
Celle de Rafael «El Gallo».
Risque de fracasos imaginent quelques6uns.
Qu’est6ce que ça changerait ?
Alors, pourquoi donc le fait-il ?
Peut-être.
Parce que le toreo est sa chair.
Qu’il a des passes au lieu de bras.
Et des larmes au bout de ses passes.
Peut-être.
Parce que les douze syllabes de son nom.
Sonnent.
Comme un alexandrin.
Peut-être.
Parce que son toreo n’est pas innocent.
Quand il séduit.
En disant sa souffrance.
Peut-être.
Pour ne pas abandonner un tout.
A la fumée de souvenirs.
En têtes naturalisées et photos du salon devant la cheminée d’hiver.
Et tendre ainsi la main.
A ses diables.
Noirs.
Et griffus.
Ceux du vide de la dépression.
Ceux du commun des anxiolytiques.
Ceux lointains des électrochocs de Miami.
Et ceux, plus terribles encore, du sentao’ d’un dimanche d’avril.
Et peut-être.
Plus prosaïquement encore pour ne pas mourir d’une abstinence.
Car quitte à le faire.
Autant que ce soit devant un toro.
Tout.
Comme lui.
Comme José Antonio Morante Camacho..
Comme «Morante de la Puebla».
Patrice Quiot
