11 Mai 1801…

 

1801 : Bonaparte devient consul à vie ; Hugo naitra un an plus tard, Alexandre Dumas aussi, Chateaubriand a trente-trois ans, Ingres vingt et un et Beethoven trente et un ans, compose sa « Sonata quasi una fantasia no 14 », dite « Sonate au clair de lune ».

Carlos IV «El Cazador», cinquante-trois ans et sous la coupe de Manuel Godoy, gouverne en Espagne. Francisco José de Goya y Lucientes a cinquante-cinq ans, Pedro Romero quarante-sept, Joaquín Rodríguez «Costillares» est mort un an avant et le département du Gard compte 300144 habitants.

A Nîmes, suite au règlement de police du 24 janvier relatif à la salubrité de la ville, un arrêté enjoint aux bouchers et autres personnels commerçant de la viande de boucherie d’égorger leurs bestiaux aux égorgeoirs publics.

11 mai : Louis Capet a été guillotiné il y a huit ans trois mois et vingt et un jours et à Madrid, calle Cuchilleros, la taverne «Botín», le plus vieux restaurant du monde, existe depuis soixante-seize ans.

Madrid où une corrida complète de seize toros est programmée ; huit le matin et huit autres l’après-midi. Au cartel : José Romero (frère de Pedro Romero, de Ronda), Pepe-Hillo et Antonio de los Santos ; dans l’encierro de José Gabriel Rodríguez Sanjuán de Peñaranda de Bracamonte (Salamanque) qu’ils doivent affronter, le toro “Barbudo” et Goya est dans les gradins.

La veille de la corrida, les toros se trouvaient dans la vallée d’Arroyo de Abroñigal attendant l’aube pour être transférés aux corrales de la Plaza de la Puerta de Alcalá. On raconte que Pepe-Hillo s’étant toujours méfié des toros castillans, s’y rendit pour les voir ; l’un d’entre eux s’étant approché de l’endroit où il se trouvait, le torero aurait dit au mayoral : « Tío Castuera, ese toro para mí ! ».

Le toro est noir zain.

“Barbudo ”combattu en septième dans l’après-midi ne prend que quatre piques, montrant un tempérament de manso. Aux banderilles, lidié par Antonio de los Santos, il reçoit trois paires posées par Joaquín Díaz et Manuel Jaramillo. Pepe-Hillo «que llevaba un traje de toreo azul y plata» lui donne deux naturelles et une passe de pecho. Il entre a matar, tout près du toril d’une demi estocade contraire se mettant le toro dessus.

“Barbudo” le prend à la cuisse gauche et à la hauteur de l’estomac le secouant de piton a piton, détruisant divers organes et artères du ventre et de la cage thoracique (gros intestin, estomac, poumon droit et foie), en plus des huit côtes fracturées et d’une vertèbre. Le picador Juan López, sans cheval et uniquement avec sa puya, essaye en vain de venir au quite.

« Cuentan algunos cronistas que “Pepe-Hillo” debió de perder el sentido, porque se quedó unos segundos inmóvil. El astado hizo por él y, sin ninguna oposición, lo empitonó con su cuerno izquierdo por la boca del estómago, lo levantó en vilo y, entre tremendas sacudidas en el aire, estuvo zarandeándolo más de un minuto. Fue una de las cornadas más espantosas que se haya visto jamás en un ruedo. » (MCN Biografias.com).

Pepe-Hillo décède à l’infirmerie quinze minutes plus tard. José Romero tue « Barbudo » en deux estocades.

La dépouille mortelle de José Delgado “Pepe-Hillo” fut transférée à l’hôpital général et, deux jours plus tard, emmenée dans la Calle del Arenal de Madrid, pour reposer dans l’église de San Ginés.

José Romero, frère torero de Pedro, paiera l’office religieux.

Datos

José Delgado Guerra dit « Pepe Hillo »  né le 11 mars 1754 à Séville, mort à Madrid le 11 mai 1801.

Élève de « Costillares », il torée dès l’âge de quatorze ans et semble avoir alterné avec lui et Pedro Romero avant d’atteindre seize ans.

Alternative en 1774, à Málaga, des mains de Juan Romero. Il inaugura la plaza de toros de Ronda en 1785.

Il est décrit comme fragile et sensuel, mais surtout comme un grand torero. Sa rivalité notable avec Pedro Romero conduisit ces deux grands maestros à fixer les règles de la corrida. Pepe Hillo, inventant de nouvelles suertes, fut considéré, en particulier, comme le véritable fondateur de l’école de Séville.

Il est l’auteur d’un monumental traité de tauromachie, « La Tauromaquia o el arte de torear de pié y a caballo » qui fera longtemps référence. Il est également censé être l’inventeur de la passe de cape qu’il a décrite comme la « más interesante e sumamente sencilla » (extrêmement simple) et qu’il a nommée «Aragonesa. »

Patrice Quiot