El pliego de condiciones de Belzébuth… (1)
Soixante-dix-sept à tuer.
Et moi seul.
Pour le faire.
Disait el pliego de condiciones rédigé par Belzébuth.
Gran acontecimiento taurino.
Setenta y siete toros de origen incógnita.
Lidiados y estoqueados por «El Cojo» como único espada.
Dit l’affiche.
Qui annonce aussi.
Que ce sera.
Aujourd’hui.
A cinq heures.
Tandis que dans le bistrot d’en face.
Des gens rient.
Chantent.
Et boivent du vin.
Soixante-dix-sept à tuer.
Ceux de Lascaux, de la Grotte Chauvet, du Mont Bego, de la Vallée des Merveilles, ceux des Grands Vents.
Ceux des Hittites, de la Crète, de l’Inde, celui de Wall-Street, ceux aux yeux verts de Fernando Villalón.
Et ceux morts, pour moi ressuscités.
Ils viennent de la planète noire.
Ce sont les derniers.
Il ne reste.
Qu’eux.
Des colorados, des berrendos,
Des salpicados, des castaños.
Des aux cornes de fer.
Tous, ciegos.
« Miedo », « Aprensión », « Pavor ».
« Horror », « Espanto », « Alarma ».
« Asombro », « Pánico », «Susto».
Sont quelques-uns de leurs noms.
Avec la divisa des aliénés sur les cuisses de verre.
Le hierro du diable sur les morillos d’azote.
Le guarismo des années de guerre.
Sur les pezuñas de titane.
Leurs queues.
Dressées vers Pluton.
Et leurs cornes.
Au zénith de La Alameda.
Pas de cuadrilla.
Seuls sont là l’ombre de Montoliú, le spectre de Joaquín Camino.
Le fantôme de Ramón Soto Vargas.
Et la cire d’Enrique Berenguer «Blanquet».
Pinochet, Himmler, Attila.
Au palco pantelant.
Des torturés des stades et des caves.
Et des chevaux agonisant des blessures d’éperons d’or.
Soixante-dix-sept à tuer.
Autant que d’années de ma vie.
Pour expier icelles.
Disait el pliego de condiciones.
A suivre…
Datos
Belzébuth est un personnage biblique. Il est parfois présenté comme un chérubin qui se serait révolté contre Dieu. Il a été décrit au XVIe siècle comme le prince des démons après Satan.
Le mot Belzébuth provient du nom d’une divinité de la ville d’Éqron (aujourd’hui en Israël) : Ba’al Zebûb. Ça signifie le Seigneur des mouches. Il est parfois comparé voire représenté comme une grosse mouche. D’autres traductions proposent Seigneur du fumier, Seigneur de la maison suprême ou Seigneur des ordures. Le Belzébuth est aussi connu sous le nom de “Enlil”, “Bel” et « Baël ». C’est une déformation du titre donné à une divinité cananéenne (ancien pays situé aujourd’hui en Syrie-Palestine).
Le mot « Belzébuth » fut progressivement utilisé pour désigner le diable ou le démon.
Belzébuth est devenu populaire par des contes et des légendes du Moyen-âge. Son nom est souvent apparu avec la sorcellerie et l’exorcisme. Au XIXe siècle, on le décrit comme ayant une taille prodigieuse, Belzébuth serait assis sur un immense trône. Il aurait un visage bouffi aux yeux ardents, les sourcils élevés, de grosses narines, deux cornes de bouc sur le front ceint d’un bandeau de feu, la poitrine gonflée accompagnée de deux ailes de chauve-souris, deux pattes de canard, une queue de lion. Il a le corps noir recouvert de la tête aux pieds de longs poils hirsutes. Il hurle comme un loup et vomit des flammes…
Patrice Quiot
