Au 20 de la rue Jean Reboul, j’allais, vais et irai encore… (1)
C’est.
A Nîmes.
Tout près des arènes.
Dans la rue Jean Reboul.
Où le même, catholique royaliste, fils de boulanger.
Ecrivait ses poèmes en langue provençale.
Là où Antoine Bigot écrivait les siens.
En parler nîmois. «Impur patois qui s’éteint » mais la langue la plus populaire de la ville.
Au n°20.
Où naquit Jean Paulhan.
C’est.
«Le Prolé», depuis 1917.
L’année où vinrent au monde.
Juanita Cruz.
Manuel Laureano Rodríguez «Manolete».
Ella Fitzgerald.
Carson Mc Cullers.
John Fitzgerald Kennedy, Álvaro Domecq…
L’année où.
Sous la neige de Moscou.
Octobre.
Fut magnifique.
Et où à Madrid, le 22 avril.
«Cocinero», un toro de Benjumea, tua Florentino Ballesteros.
Au «Prolé».
Il y a le couloir long, étroit et sombre.
Presque.
Celui des arènes d’Arles ou de la México.
Dans lequel.
Là-bas comme ici.
On forge ses convictions.
Pour mieux les exprimer.
Au «Prolé» après le couloir.
Il y a la cour.
Qui, autrefois.
Fut un jardin.
Dont parlait à son fils.
Le père de Jean Paulhan :
« Je croyais que tu avais vu, avant notre départ de Nîmes, le jardin de la rue Jean Reboul à côté duquel tu es né et que tu as quitté à dix mois environ. Ce jardin avait 27 mètres de long sur 12 de large en moyenne […] mais il a été un monde pour moi, un monde aux contrées variées. Dans l’ensemble, il m’apparaît comme un pays luxurieux, chaud, éclatant et parfumé […] C’étaient des lauriers qui tapissaient le mur de gauche, exposé au Nord et qui, vers le bout de l’allée, en garnissait les deux côtés. Le mur exposé au midi, au contraire, était clair, ensoleillé, tapissé de grands rosiers grimpants qui se couvraient, à la saison, de petites roses jaunes, et il était toujours, au temps chaud, sillonné de lézards gris. »
Les murs.
De pierre sèche.
A l’ombre.
Des mûriers.
En ont.
Conservé l’esprit.
Celui.
Du soleil des amis.
Et des fleurs.
De la lutte…
A suivre…
Patrice Quiot
