Colombo tel qu’en lui-même et André Lagravère « El Galo » en leader actuel de l’escalafón mexicain…
59e anniversaire de la plaza Nuevo Progreso
6 toros de Tequisquiapan pour Léo Valadez, Jesús Enrique Colombo et le franco-mexicain André Lagravère « El Galo ».
Guadalajara a une réputation torista non usurpée, un lot sérieux de 3 toros entre 550 et 575 kg et 3 à 500 kg, mais avec plus de tête (les 1,2 et6). À l’exception du 5e, ils ont pris une mono pique avec style et ont manqué de force ensuite et ont peu transmis. Le 5e eut un comportement de manso en 2 picotazos, ce qui lui permit de garder du moteur à la muleta.
Le cartel de banderilleros a tenu toutes ses promesses au 2e tiers. Partage des bâtonnets pour les 3 premiers toros avec arrêt de l’animal à cuerpo limpio au final. Colombo et El Galo (avec en particulier une paire de courtes exposée) furent brillants avec leurs derniers adversaires.
Le toreo de Léo Valadez n’avait plus aujourd’hui l’enthousiasme qui faisait sa force lors de ses dernières apparitions en Europe il y a deux ou trois saisons. Peut-être est-ce dû à une récente blessure au mollet gauche, le bas rose cachant un bandage. En dépit d’une légère boiterie, il a toutefois banderillé normalement. Il a eu à ses deux toros de bons moments, mais en forçant le trait. En définitive, des attitudes empruntées manquant de naturel et ne passant pas la rampe.
Colombo a été comme on le connaît, avec un toreo enjoué et dominateur. Son premier est faible, mais avec de la mobilité. Une grande estocade d’effet immédiat lui permet de couper une oreille. Il faut saluer cette disposition de la présidence de récompenser la suerte suprême. C’est avec son second qu’il sera le plus intéressant. 2 picotazos laissent le toro entier et il sera le seul à garder, comme déjà dit, du moteur à la muleta. Comme manso, il renâcle à charger. La volonté et le métier de Colombo le font se livrer et transmettre. On retrouve enfin le pas mexicain, cette charge gateando, à petits pas sans jamais croiser les antérieurs, si typique du toro mexicain qu’on voit aujourd’hui de moins en moins depuis que la mode du toro surdimensionné a aussi gagné les Amériques. Une faillite à l’épée laisse l’effort à une simple ovation.
El Galo a été au-dessus de ses toros. Ce n’est pas pour rien qu’il est aujourd’hui en tête de l’escalafón mexicain. Il a fait preuve de toute l’étendue de son répertoire. À son premier, le seul salué à sa sortie en piste, il le reçoit en gagnant du terrain, démarre à la muleta par un enchaînement cambio por la espalda, trinchera, changement de main et naturelle. S’en suivent deux séries à gauche puis à droite, les plus profondes de l’après-midi. Malgré la baisse de rythme de l’animal, le Galo maintient l’intérêt avec circulaires inversées et bernardinas. Une épée en arrière sur une arrancada brusque gâche le résultat. Avec le dernier toro, le Galo se montre pléthorique dans les trois tiers. Réception par le cambio de rodillas créé par Fernando el Gallo et ressuscité par Morante, mise en suerte au cheval par galleo, quite par gaoneras et navarras. Le grand jeu. Après un grand second tiers, le toro est déjà arrêté. L’engagement d’André Lagravère permet à l’animal de se livrer en oubliant sa faiblesse. Patatras, ses chutes répétées refroidissent l’ambiance. Plusieurs descabellos finissent par laisser l’effort sans récompense.
Il y a des jours où, pour différentes raisons, l’alignement des planètes ne se fait pas…
Léo Valadez : saluts et silence.
Jesús Enrique Colombo : oreille et saluts.
El Galo : applaudissements aux deux.
Michel Naudy
Photo du haut : Mundotoro




