Entre traditions, fête et toreo, beau succès de Joaquim Cadenas…

À Dzitnup, la fête du village est un enchantement. Les femmes âgées mettent leur vêtement traditionnel et viennent aux arènes en Tuc-tuc, les taxi-triporteurs. Sur la scène montée à proximité du ruedo, les musiques latines s’enchaînent avant et après les toros sans discontinuer et avec une danseuse infatigable.

Les « mayas », la grande majorité de la population, font la fête sans excès de bruit. Cela se sent dans l’arène où l’enthousiasme est bien réel, mais sans manifestation exagérée comme on le voit si souvent ailleurs. Ici même les borrachos gardent un comportement civilisé. Une ambiance bon enfant qu’on redemande.

Ce dimanche 15 mars, on retrouve au cartel le matador de Zacatecas Antonio Romero avec un toro de Quiriceo et le novillero français Joachim Cadenas, un as du raset qui a choisi de sacrifier le début de saison camarguaise pour vivre sa passion de la tauromachie espagnole, avec un San Salvador âgé de 4 ans bien sonnés…

Le spectacle démarre à 19h30 avec une vache pour trois recortadores. La soirée se conclura de la même façon.

Le Quiriceo se révèle dès son entrée en piste un manso de catégorie. À force d’insister, Romero lui arrache des demies passes de cape.

Au cheval, quatre picotazos en passant confirment l’impression.

À la muleta, le toro permet deux doblones. En plus de la mansedumbre, il est tout de suite arrêté et il n’y a rien à en tirer malgré toute la bonne volonté de Romero devant un péril permanent. Dans ces conditions, la mise à mort n’est pas simple et il faut s’y reprendre à plusieurs fois. Silence.

Le San Salvador de Joachim est très mobile. Cela lui permet une série de véroniques de bonne facture puis une de chicuelinas avant de l’amener au cheval pour une longue pique en brave.

Cadenas partage brillamment les banderilles avec Erik, le novillero d’hier, venu donner un coup de main à sa cuadrilla en vue de ce moment.

À la muleta, il amène tout de suite l’animal au centre pour trois séries à droite puis à gauche. Le toro a des pattes et l’envie de s’en servir. Joachim le cerne et termine par un desplante sur le fauve maintenant fixé. 2 oreilles après une entière bien portée au deuxième essai récompensent une faena qui a su transmettre de l’alegría…

Michel Naudy