Corridas au Honduras au début du XXe siècle…
« Avec l’arquebuse, le cheval, la langue et le christianisme, le conquistador a aussi amené la Fiesta Brava (Leonardo Depostre). »
Frontalier avec le Guatemala, le Salvador et le Nicaragua, le Honduras fut une terre d’accueil pour la tauromachie « à l’espagnole ». Aux trois pays précités, on peut ajouter à l’historique : Argentine, Bolivie, Brésil, Cuba, Costa Rica, Paraguay de nos jours révolus.
Inévitablement découvert par Christophe Colomb qui arriva par la mer des Caraïbes en1502, seule façade maritime du Honduras, La Ceiba est un port, aujourd’hui station balnéaire dont le nom est d’origine Maya (1) qui fut la population autochtone du pays.
Ici se déroula la temporada taurine 1922-1923, le résumé de cette saison est fait par la plume du revistero Jorge Aguire Matheu.
« Mrs Casamiquela et Servent, aficionados convaincus, ont fait construire au port une jolie plaza de toros nommée Circo Colón dont ils sont empresas. L’inauguration s’est faite le 5 novembre 1922 avec un plein débordant (sic).
La saison se déroula les dimanches 12,19, 26 en novembre puis 3,10,17, 24, 25, 31 en décembre, ainsi que les 1 et 7 en janvier 1923. Toutes ces corridas ont permis la lidia du bétail de l’hacienda « Miramar », les toros (2) par leur présentation et leur bravoure ont satisfaits les diestros et l’aficion.
Le courageux novillero (3) Jesús Trinidad « Litri II » a été le héros de dix spectacles. A ce titre, il a déjà signé l’engagement pour l’an prochain.
José Blanco (4) « Blanquito » actua pendant quatre corridas où il ne fit pas le travail à moitié…
Le vétéran Federico Rodenas (5) « Flamenco », basé à La Ceiba depuis quelques années, a participé à une corrida où malgré son âge, son courage et sa dextérité ont attiré les faveurs du public le récompensant par des applaudissements nourris.
Les banderilleros étaient Pedro Varé « Valerito », Rafael Marchante « Marchantito », Fernando Herre « El Herre », Agustín Preciado, Antonio Gelizarte « Bilbao », le picador étant Eduardo Hernández « El Sevillano ».
Le vieil et intelligent aficionado guatémaltèque Don José Félix Polanco « Mr Nuras » a apporté son aide précieuse à l’empresa pour l’organisation de la fiesta brava dans le port, (structure portative).
Traduction en respectant le style et l’orthographe du correspondant taurin de l’époque.
De nos jours, la « corrida » est couplée avec le rodéo plus exotique.
Jacques Lanfranchi « El Kallista »
(1) La Ceiba : arbre à kapok ou fromager.
(2) Toro criollo : croisement Brahma Zebu et Holstein.
(3) Aucun rapport avec la dynastie Litri, si ce n’est l’admiration, d’où l’apodo.
(4) José Blanco y Robles, torero d’alternative espagnol ; le 10 août 1921 à Manzanares, parrain Rafael El Gallo.
(5) Torero local.
Crédits photos : P2 et P3 collection personnelle – P1 P4 DR.
Bibliographie : Revue Sol y Sombra No 1305 29 mars 1923.



