Quand les maladresses à l’épée laissent le triomphe au rejoneador André…
La feria du cheval de Texcoco, petite ville à moins de 40 km du centre de Mexico, est enracinée de longue date dans le paysage tauromachique mexicain. L’arène porte le nom de Silverio Pérez, enfant de la ville et grande figura aztèque contemporaine de Manolete.
La récente prohibition dans la capitale du pays devrait lui conférer de plus en plus d’importance.
La corrida mixte d’aujourd’hui 21 mars est donnée au profit de la fondation Los Angeles Taurinos qui déploie une grande activité en faveur des jeunes talents. Ce n’est pas nouveau pour Tomasina qui la préside, elle avait notamment donné un coup de main aux tout débuts de Roca Rey et Colombo, entre autres et pour ne citer que les deux plus connus.
Quatre toros frisant les 500kg de La Asunción – le 5 bis de Las Huertas-, la ganadería de Joselito Adame, anciennement San Fermin (Armillita), et quatre novillos d’Espíritu Santo.
Le jeune rejoneador André, 17 ans, a lidié les 1er et 8e. Une bonne initiative pour limiter les temps de remise en état de la piste pour le toreo à pied.
Sans beaucoup de connaissances équines, il est difficile d’apprécier le rejoneo à sa juste mesure.
André a déployé une belle aisance dans toutes les suertes. Il a touché deux bons novillos qu’on aurait bien aimé voir toréer à pied. Ils baissaient bien la tête dans les capes des peones et quand ils sentaient le cheval à leur portée.
André a fait une première faena sans fausse note, mais sans trop d’allant, le novillo accusant peut-être un deuxième rejoneo de châtiment inutile. Sa deuxième faena sera plus enlevée mais souffrira de passages à faux avec les banderilles courtes. L’animal succombera d’un pinchazo hondo au deuxième essai.
En coupant une oreille à chaque opposant, il est le triomphateur de l’après-midi.
Luis David Adame a tout un premier toro très bien présenté dans le type de ses origines Saltillo, version Albaserrada. Il s’avérera excellent sur les deux cornes en suivant les leurres jusqu’en fin de passes, le torero sachant le citer en douceur avec la muleta basse.
À noter une 2e série à droite dans le rythme d’un toro qui a du son, 2 séries templées à gauche puis un pecho quasiment circulaire. Conclusion par circulaire inversée, circulaire puis une autre commencée par circulaire inversée et changement de main pour terminer en circulaire de la gauche. Malheureusement, un pinchazo, une demie épée très basse précédent une entière en bonne place. Silence.
Son deuxième est un sobrero de Las Huertas après que le titulaire se soit rompu une corne sur un burladero.
Après des premiers tiers en demi-teinte, le toro se livre de suite dans la muleta de Luis David tant à droite qu’à gauche. Il profite de la noblesse de l’adversaire pour faire monter l’ambiance dans un final par bernardinas. Une entière al encuentro, mais suivie de deux descabellos qui gâchent tout dans la fraîcheur du début de soirée.
André Lagravère El Galo démarre sa première faena par des doblones allurés. Il enchaîne par deux profondes séries à droite puis à gauche.
Malheureusement, le toro baisse rapidement de ton. Il semble avoir épuisé son capital bravoure et finit soso en cherchant ostensiblement les planches. Demie épée et descabello. Silence. C’est le seul toro qui ait été sifflé à l’arrastre.
À son deuxième, il termine son quitte par une série de chicuelinas qui déclenchent l’enthousiasme du public.
Début de faena par cambio por la espalda, molinete à genoux puis debout et pecho.
Le ton est donné et les séries s’enchaînent. Le toro réduit dangereusement sa longueur de charge. El Galo à base d’aguante et de temple parvient à le faire se livrer dans une fin de faena vibrante. Une entière fait rapidement tomber le toro qui parvient à se relever avant la puntilla. Un seul coup de descabello, mais au bout d’un laps de temps important en raison de la condition du cornu qui a rendu malaisée son exécution. Un laps de temps qui a fait s’évanouir le double trophée qui était à portée.
Miriam Cabas : Son premier de 468 kg a de la tête et est puissant de l’arrière train. Une présentation exagérée pour la circonstance.
Elle se montre à l’aise dans tous les compartiments de la lidia malgré que le novillo ait toujours gardé cette pointe de piquant qui complique les fins de passes. Elle ne fuit pas le combat, loin de là. Une série de statuaires terminée par un trincherazo gaucher vient conclure de manière vibrante la faena, ternie par plusieurs échecs à la mort.
Son second fait 445kg avec beaucoup de tête. Elle réalise un bon début puis l’animal se désintéresse rapidement du jeu malgré tous les efforts de Miriam. Il fait peu de cas de la muleta, même pour l’estocade qui s’avère compliquée à porter après plusieurs essais infructueux.
Miriam Cabas a montré aujourd’hui ses créances de solvabilité dans l’adversité…
Michel Naudy




