Avec Freddy Porte, retour sur la corrida de rejón avec notamment les triomphes d’Andy Cartagena et Guillermo Hermoso de Mendoza…
Belle entrée pour cette matinée équestre pascale ensoleillée. Dès le paséo Léa affiche sa singularité avec un élégant pas espagnol alors que ses co-listiers sont au passage.
Il n’est pas coutumier de voir dans l’Hexagone cet élevage de toros portugais : Pasanha.
Un encaste Murube-Urquijo qui donne beaucoup de noblesse, mais également un peu de piquant.
Le lot de cette matinale bien présenté oscillait entre 490 et 540 kg. De robe noire pour trois d’entre eux et negro bragado pour les trois autres. Les meilleurs furent les 3ème, 4ème et 6ème. Ce dernier était un peu plus brusque dans ses charges que ses congénères. Il permit malgré tout au jeune Mendoza de finir en beauté.
Andy Cartagena : saluts et deux oreilles.
Léa Vicens : saluts aux deux.
Guillermo Hermoso de Mendoza : oreille puis deux oreilles.
Le premier de Léa sortit en piste avec l’extrémité de la corne droite fraîchement cassée.
Les deux premiers décrochaient souvent du cheval et il fallut attendre le premier châtiment pour qu’ils s’intéressent au combat.
Andy, chef de lidia, ouvrit le bal, apportant la note de fantaisie propre à son style. Il prit régulièrement le public à témoin de ses exploits.
Opposé au numéro 8, il châtia et récorta avec Hechicero, un bai élégant, un peu sorcier, dont l’abaissement des hanches favorise les pirouettes dont il use pour soumettre son adversaire. Malgré qu’il fut souvent désuni, il reste un auxiliaire au grand pouvoir de domination : 2 castigos à son actif.
Duende et Baena complices de 4 banderilles longues alors qu’avec Pinta se terminait la faena par 3 courtes au caracoleo ainsi qu’une paire à 2 mains sur un toro presque arrêté. Alpagatero fut expédié avec 1 pinchazo et une entière. Les desplantes exécutés par l’apaloosa n’eurent pas d’influence sur les tendidos. Les mouchoirs restant dans les poches.
Avec son second opposant, Cartagena sortit le grand jeu. Revelador se révéla être un excellent collaborateur, avec beaucoup de transmission. Il n’en fallait pas moins pour que le cavalier de Bénidorm exploita ses qualités. Recevant toujours avec Hechicero pour 2 castigos enchaînant avec un bel alezan, à la crinière cendrée, abondante et libre pour une faena rondement menée : 2 bâtons.
Deux banderilles supplémentaires avec un gris spectaculaire, ces dernières al violín. Un autre bâton toujours al violín chevauchant un noir baroque qui exécute un bot pour remater sa prestation. Cette figure, que les minorquins affectionnent particulièrement lors de leurs fêtes populaires. On y voit le cheval debout à la verticale marcher sur les postérieurs.
L’apaloosa revint pour 3 courtes et 1 entière qui fit tomber 2 mouchoirs du palco. Forte pétition du rabo. Avec 2 oreilles, Andy obtenait son billet pour sa sortie à hombros.
Léa, opposée à Dolorosa, toréa en 2ème position. Elle reçut et châtia ce N° 9 avec Guitarra : 2 castigos jumeaux. Elle nous régala ensuite de 3 bons bâtons avec Diluvio, quittant la piste aux changements de pieds à chaque foulée. Avec Pantera, ce sont 2 banderilles qui furent citées au Terre-à-terre. Fermín prenant le relais avec 1 banderille al violín, suivi d’une belle levade. Deux courtes et une rose avant de sortir au passage.
Des capotazos exagérés enlevèrent le reste d’énergie que le Pasanha aurait pu fournir au rapide Greco qui avait la charge d’en finir. 1 pinchazo et une demi lame qui contraint la Nîmoise à mettre pied à terre pour l’usage laborieux de l’épée cruciforme. Dolorosa fermait ses cervicales. Salut.
Le second de Léa sortit en 5ème position. Avec un comportement de manso, il ne fut pas le meilleur du lot, loin sans faut.
C’est à un nouveau gris pommelé, répondant au nom de Pistacho, qu’incomba la responsabilité de recevoir Deshoneto : 2 castigos dans le morillo furent infligés au malhonnête negro bragado.
Jocker fit admirer quant à lui ses belles expressions toreras, collaborant à la pose de 3 banderilles de face. La 1ère et la 3ème furent les meilleures du Braga.
Pantera pour un bâton al sesgo et à nouveau Fermín pour une al violín suivie de deux courtes. Levade et pas espagnol pour orner le tout. Le fidèle Espontáneo reprenait du service : 1 pinchazo et 1 entière trasera sur un animal quasi-immobile. Il fallut 2 descabellos. Salut.
Le Benjamin toréa en 3ème et 6ème position. Il hérita certainement du sorteo le plus combatif, voire exigeant et de plus de transmission.
Le premier de Guillermo, Estudiante, fut reçu par Nomada qui lui imposa de bons recortes. Les charges brusques du Passanha rendirent quelque peu imprécises les poses des châtiments.
Deux banderilles longues avec batida, de face, pour Ecuador. Illusion pour 2 banderilles également, la seconde abordée de loin et de face. Trois courtes au caracoléo avec Géneroso le bien nommé, suivi de deux paires de courtes à deux mains. Un pinchazo, une demie, une entière et 1 descabello. 1 oreille.
Avec le dernier de la matinée, le jeune Hermoso allait ouvrir la Grande Porte. Papeleiro, sans doute le plus impressionnant de tête, fut reçu par Jibaro pour 2 castigos, le second un peu trasero fut cloué de face. A souligner 2 belles poses de banderilles à l’étrier avec Navegante. Deux de plus sont à attribuer à Medellín. Quelques passages à vide volontaires sont à souligner pour templer la charge en pesant sur le Papetier. Le bai qui en fut l’auteur est un petit-fils de Pata-Negra.
Guillermo termina sa faena, joliment orchestrée, par 3 roses et conclut avec une entière quasi foudroyante. 2 oreilles.
Sortie « a hombros » des 2 triomphateurs : Mendoza junior et Andy Cartagena, respectivement avec en mains 3 et 2 pavillons…
Freddy Porte







