Daniel Crespo, la belle découverte…

 

Lleno. 7 Toros de Virgen María (1º bis).

 

David Galván : ovation et ovation.

Daniel Crespo : palmas et oreille après avis.

Víctor Hernández : oreille et ovation

 

Le mauvais œil planait sur la placita chalossaise, pleine comme une bonbonnière :  le toro sorti en premier n’était pas celui du chef de lidia qui se refusa naturellement à le combattre, il fallut le rentrer. Le suivant (1er bis) avait un problème de locomotion, il fut donc changé à son tour – au troisième tiers. La corrida ne put débuter réellement qu’une demi-heure après le paseo.

Le lot de Virgen María, d’une corpulence convenable pour une arène de cette dimension, était armé modestement. Le moteur hélas ne permit pas de compenser cette médiocre carrosserie. Peu de race dans l’ensemble, avec une monopique prise sans bravoure véritable et un jeu par ailleurs compliqué, les animaux marquant une prédilection pour les planches sans s’employer loyalement sous les leurres. Dans ce contexte, les cuadrillas eurent du mal à trouver le fil d’une brega cohérente, ce qui n’allait pas faciliter la tâche de leur patron.

Anodin face à son premier adversaire, élégant à la cape sans jamais se livrer à la muleta, David Galván, le tua d’une entière bien portée. A son second passage, le gaditano montra plus d’entrain, d’engagement face à un adversaire rétif qui l’envoya bouler à deux reprises. Cet effort ne lui assura pourtant pas le soutien populaire. Il conclut par une entière d’effet rapide.

Daniel Crespo, dans l’adversité, fut la note positive de la tarde. Du premier collé aux planches dès le début, il ne put rien tirer et il eut le bon goût de ne pas abuser de la patience du respectable. Il s’en débarrassa d’une entière en place. Nullement découragé, il sortit très décidé pour sa seconde chance et après un beau quite par gaoneras, il entama une faena engagée dans le terrain du toro, terminant por cercanías dans les planches avec un mélange de courage froid et d’esthétique qui le rend attachant. Il termina son travail par une série de manoletinas ajustées et tua d’une entière un poil contraire coupant un trophée « de poids ». Le torero du Puerto que beaucoup découvrait, mérite une nouvelle chance sur ces terres occitanes : il a quelque chose à dire…

Très attendu – comme de juste, car il est le triomphateur de Madrid – Víctor Hernández, sans déchoir, ne fut pas à la hauteur des fumées blanches qui le précédaient. Il eut de bon moment à la muleta, à gauche notamment, sans jamais tout à fait convaincre. L’opposition, il est vrai, ne s’y prêtait pas.

Il coupa l’oreille du troisième malgré une épée basse ; basse à nouveau celle du sixième…

Pierre Vidal

Photos : Bruno Lasnier