Le petit garçon et la lune…

 

A Bougue.

Le dimanche trois mai.

 

A l’heure où à Castilleja de la Cuesta.

Commençait à poindre la lune.

 

Le petit garçon observait la sortie.

De son premier adversaire.

 

Le burladero lui arrivait.

A la moitié du visage.

 

Et morado d’éclipse.

Était la couleur de son vestido.

 

Juste de forces

Vint le 26 du «Camino de Santiago».

 

Glissante était la piste.

Où alla le petit garçon.

 

Capoteo fino.

Y relajado.

 

Lumineux comme une météorite.

Secret comme le cratère Copernic.

 

Le ton était donné.

Celui de l’excellence.

 

« Rêvons, c’est l’heure ; un vaste et tendre apaisement

Semble descendre du firmament que l’astre irise… »

 

Noble était le «Camino».

Même s’il lui manquait un grain de poussière d’alegría.

 

Exquis fut le petit garçon.

A la sensibilité d’azur.

 

Mettant le cahier d’âne.

Au dos du toreo d’école.

 

En muleta de Mare Serenitatis et poignet de soie.

Pour courir la main.

 

En caresses

De grâce sultane.

 

Et relâchement.

De nuit brodée d’étoiles.

 

Pour donner légèreté.

A ce qui il y a longtemps n’était qu’incandescence.

 

Si tombée et plate l’épée fut longue à faire effet.

Le premier descabello fut le bon.

 

Et l’oreille.

Sonna comme une brise sur la mer de la Tranquillité.

 

De retour au burladero.

A l’heure où à Castilleja de la Cuesta finissait de poindre la lune.

 

L’ombre du petit garçon.

Semblait soudain plus grande.

 

Moi me demandant.

« Quel moissonneur de l’éternel été avait négligemment jeté une faucille d’or dans le champ des étoiles ! »

 

Et si, au 15, le cinquième, le plus charpenté de l’envoi.

Noble et répétant avec alegría dans l’engaño.

 

Le petit garçon délaissa le mièvre du registre.

Du « Au clair de la lune/Mon ami Pierrot/Prête-moi ta plume/Pour écrire un mot ».

 

Pour essayer de conjurer avec la clarté de la vérité.

La force de la marée du difficile.

 

Face cachée.

Du toreo en son premier quartier.

 

Il le fit avec une élégance dans la guerre.

Un oiseau presque posé sur l’épaule.

 

Et ce fut la muleta sur elle.

Jetée comme un châle.

 

Que le petit garçon

S’avança pour tuer la lune.

 

Estocade tombée.

Le verdugo paraphant la chose.

 

Lui, la bouche dure, un genou en terre.

Le bras gauche à l’horizon de Juan le prognathe de la calle Feria.

 

Laissant sur le ruedo.

Une ombre en instantanés de plaisir.

 

Et moi, imaginant qu’à Castilleja de la Cuesta.

Quand commençait à briller la lune.

 

« Le rossignol, caché dans son nid ténébreux.

Chanta comme un poète ».

 

Pour Manuel Real «Realito».

Torero de corazón, un lys dans chaque main…

 

Datos

 

Arènes de Bougue, Bolsín 2026.

Dimanche 3 mai/Vespertina.

Un tiers d’arène.

Crachin au début, averse au milieu, humidité à la fin.

Cinq erales du Camino de Santiago.

 

Qualifications :

 

Julio Aparicio: oreillle.

Manuel Real «Realito »: oreille.

Samuel Berdejo: silence (avis).

 

Finale :

 

Julio Aparicio: salut (deux avis).

Manuel Real «Realito »: vuelta (avis).

 

Manuel Real «Realito» fut déclaré vainqueur du Bolsín de Bougue 2026.

 

Il se présentera à Nîmes à l’occasion de la Féria de Pentecôte le vendredi matin 22 mai compartiendo cartel avec Lisares, Rémy Asensio et Esteban Navarro face aux erales de Roland Durand.

Patrice Quiot