Velador…

 

Le 19 juillet 1982.

Tombait un lundi.

 

A Madrid.

Se donnait la Corrida de la Presse.

 

Une tradition.

Depuis le 12 juin 1900.

 

Et à Madrid depuis le 1er juin 1982.

La «corrida du siècle».

 

Victorino.

A la cote.

 

Au cartel, deux andalous.

Manolo Cortés, José Antonio Campuzano.

 

Et José Ortega Cano, 29 ans, ce torero de Cartagena.

Qui commence à faire parler de lui après des années d’oubli.

 

Corrida de la Presse en un concours de ganaderías.

Six toros des élevages les moins aimables du pays.

 

Hernández Plá.

Fermín Bohórquez.

 

Victorino Martín.

Salvador Guardiola.

 

Celestino Cuadri.

Et Miura.

 

Il fait chaud, très chaud

Le thermomètre affiche 40,3 degrés.

 

L’arène est comble.

Le public d’excellente humeur.

 

Le troisième toro, le Victorino, s’appelle “Velador”.

N° 121, 520 kilos, il est né en janvier 1978.

 

Victorino Martin avait annoncé son toro ainsi :

«Je m’appelle Velador, j’appartiens à l’élevage de Victorino Martín et je viens à la corrida-concours pour l’emporter sur tous les toros, et plus spécialement sur celui des Miura, pour en finir une fois pour toutes avec cette légende de terreur des Miura

 

“Velador” prend une formidable première pique.

Dans le terrain du 4.

 

S’élançant avant même que le picador ait fini de se placer.

Et renverse le cheval.

 

L’arène jubile.

A la deuxième pique.

 

Le président ordonne.

Le changement de tiers.

 

Le public proteste.

Il aurait voulu en voir une troisième.

 

La faena commence.

Ortega Cano est prudent.

 

Mais le public s’en fout.

Il n’a d’yeux que pour “Velador”.

 

Qui charge en rythme.

Et avec une merveilleuse noblesse.

 

Dès le milieu de la faena, il demande la grâce.

Et l’obtient.

 

Le Président.

Sort l’orange.

 

Et Cano.

Simule l’estocade avec une banderille.

 

Mais “Velador” se trouve bien où il est.

Mayoral, toreros, cabestros, rien n’y fait.

 

“Velador”.

Reste tanqué au milieu du ruedo.

 

Dépêché en dernier recours, un chien de troupeau,

Manque y perdre la vie.

 

Le Président demande.

Que “Velador” soit estoqué en piste.

 

Mais Marí de las Mercedes.

N’est pas d’accord.

 

De sa loge royale.

María de las Mercedes de Borbón y Orleans.

 

Devenue par son mariage Comtesse de Barcelone.

Épouse du prétendant Juan de Borbón et mère du roi Juan Carlos Ier.

 

Fait entendre.

Qu’elle n’apprécierait pas du tout.

 

Que “Velador”.

Soit ainsi exécuté.

 

Son avis.

Compte.

 

Il faut encore batailler.

Deux heures.

 

Avant que “Velador”

Accepte de regagner les corrales.

 

Ortega Cano n’a pas coupé la moindre oreille.

Fût-elle symbolique, comme on dit dans le jargon.

 

Et Victorino.

Le ganadero à la dent en or.

 

Affirma qu’à cause de “Velador”.

« Más de un matrimonio se rompiera ».

 

Unique toro gracié à Madrid.

“Velador”.

 

Est mort en 1989 dans son élevage.

Où il servait d’étalon.

 

Naturalisé en entier.

Il est exposé au Musée Victorino Martín.

 

A la finca « Monteviejo »

A Moraleja, province de Cáceres.

 

C’était à Madrid le 19 juillet 1982

Il y a 43 ans, 9 mois et 24 jours.

 

Datos  

Victorino Martin Andrés (6 mars 1929, Galapagar /3 octobre 2017, Moraleja)

Entre 1960 et 1965, les frères Martin Andrés, achètent l’élevage des Hermanos Escudero Calvo, héritage le plus prospère de la devise du Marquis d’Albaserrada.

Passionnés par le sang Albaserrada, Santa Coloma à large prédominance Saltillo, les frères Martín Andrés vont s’évertuer à retrouver l’ancienne réputation de la devise. Ils rencontrent le succès à la fin des années 60 à Madrid avec le toro « Baratero » qui est primé d’une vuelta al ruedo. Ils poursuivent leur envol vers les sommets ganaderos dans les années soixante-dix en remportant les prix des ferias les plus prestigieuses comme Madrid et Bilbao.

La consécration arrive en 1982 avec l’indulto de « Velador », unique toro gracié à Madrid, et la fameuse « corrida du siècle » où en pleine San Isidro chaque diestro coupa deux oreilles.

 

Devise : Bleu et Incarnat

Senal: Hoja de higuera à chaque oreille.

 

Fincas : « San Marcos » Casas de Don Gómez (Cáceres) « Las Tiesas de Santa María » Portezuzlo (Cáceres) « El Casita » Garrovillas (Cáceres) « El Agujero » Garrovillas (Cáceres) « Zahurda » Garrovillas (Cáceres) « Monteviejo » Moraleja (Caceres)

Ancienneté : 29 Mai 1919

Origine : Santa Coloma, rame Albaserrada par Escudero Calvo.

 

Prochaines dates 2026 :

 

23/05/2026 Bocairente (Valencia) Toros de Victorino Martín Andrés para Rubén Pinar, Román, Álvaro Lorenzo.

06/06/2026 Las Ventas (Madrid) – Toros de Victorino Martín Andrés para Morenito de Aranda, Román, Fernando Adrián.

26/07/2026 Mont-de-Marsan (Landes) – Toros de Victorino Martín Andrés para Morenito de Aranda, Román, Juan de Castilla.

Patrice Quiot