Samedi 23 mai. Tarde : Le combat des Prieto avec les chevaux…

 

Première corrida de feria, temps ensoleillé et chaud, un peu plus de trois-quarts d’arène, deux heures quarante de spectacle. Sept toros de don Tomás Prieto de la Cal, le troisième blessé à la cuisse remplacé par un sobrero du même fer. Tous bien présentés, les quatre derniers dans le type de l’élevage avec leur robe couleur savon, tous trois piques, prises avec une réelle bravoure. Souvent absente à la muleta.

 

Alberto Lamelas (bleu marine foncé et or) au premier, trois-quarts de lame, salut ; au quatrième, un mete y saca et une entière, salut.

 

Luis Gerpe (vert et or), au deuxième, une entière salut ; au cinquième, une entière, rares applaudissements.

 

Maxime Solera (marron foncé et or), au troisième, une entière, salut et ovation ; au dernier, deux pinchazos et une entière, silence.

Président Pascal Darquié, assesseurs Romain Laborde et David Rocca.

 La corrida s’est ouverte par une minute d’applaudissement en hommage a Alain Lartigue, le prestataire de service devenu un ami disparu en début d’année et à François Rivière, maire de Seissan, ami de Vic et un fidèle de la feria, hommage aussi aux membres du club disparus dans l’année.

Cette corrida a surtout été celle des picadors face à des Prieto de la Cal qui ont témoigné de leur grande bravoure sous le cheval. Au total, dix-huit piques et quelques rencontres. C’était le jour des picadors, le jour où la tradition de l’arène remonte au grand jour, comme avec les trois derniers typiquement Prieto avec leur robe couleur savon et leur sortie en trombe pour aller remater violemment contre les burladeros. Les trois ont été chaleureusement applaudi à leur entrée en piste.

 Alberto Lamelas ouvrait le bal avec un toro aussi noir que l’enfer, dangereux à souhait et compliqué de lier une faena dans les règles de l’art. Il sera obligé de s’arrêter malgré son désir de poursuivre. Le toro estoqué, il s’expliquera quelques minutes avec l’éleveur avant de saluer le public. A son retour, après avoir reculé à la cape, il signe quelques agréables séries qu’il est allé chercher en montant sur les cornes… Mais la faena demeure un peu fade. Il avait brindé à la nouvelle équipe dirigeante du club Xavier Barella et Etienne Barbazan, président et vice-président.

Maxime Solera a laissé une bonne impression. Il dédie son combat à Victor Lamothe, le petit fils d’Alain Lartigue. Il semble dominer son premier adversaire. Par la suite, il est obligé d’abréger sa faena. Luis Gerpe a du mal à trouver le sitio, mais insiste en se jouant la vie, pour terminer par un beau coup d’épée. Il reviendra en offrant son toro à Maité Ouseguy, qui travaillait sur la feria avec le regretté Alain Lartigue. Moments difficiles où il arracha les passes une à une.

 

C’était une course pour les amateurs de piques… on était revenu quelques années en arrière (photo : 3ème Prieto)…

 

Matin… Novillada : Les premières difficultés de la Feria…

Débuter à Vic n’est pas chose facile : les novilleros un peu perdus.

Novillada de feria, grand soleil et chaleur, un peu plus d’un quart d’entrée, deux heures quinze de spectacle. Six novillos d’Aguadulce, bien présentés, quatrième et cinquième les plus impressionnants. Tous deux piques à l’exception du premier, trois châtiments, tous ont manifesté une bonne bravoure au cheval.

 

Gonzalo Capdevilla (noir et or), au premier, un pinchazo et une entière, salut en partie protesté ; au quatrième, un pinchazo et un quart de lame, silence.

Pedro Andrés (Plomb et azabache) au deuxième, trois-quarts de lame, rares applaudissements ; au cinquième, un pinchazo, une entière, deux descabellos, division.

Pedro Luis (bleu marine et or), au troisième, deux pinchazos une entière, silence ; au dernier une entière, vuelta sous les siffllets.

Présidence, Pascal Bouneau Lavedan, assesseurs Alain Darroman et Richard Campistron.

Les trois garçons qui se présentaient à Vic allaient rapidement découvrir les exigences de l’arène, certainement en cette matinée exacerbées par les socios du club « trois puyazos ».

Les novillos aussi étaient dans la tradition de dureté du bétail vicois. Des Aguadulce particulièrement difficiles, mais loin d’être intoréables avec une mention particulière à Desadillo et Capitan, sortis en quatrième et cinquième position. Le dernier serait de cette veine… Il faut dire que l’on avait à faire aux novillos les plus âgés du lot.

 Deux faroles à genoux signés Gonzalo Capdevilla pour ouvrir la course, le courage était là, mais il manquait de la technique. Le garçon sera en difficulté sur le reste du tercio comme sur les premiers muletazos, il rectifie le tir, sans jamais s’imposer. Il signera quelques belles véroniques à sa seconde sortie et on appréciera de belles passes à la muleta. Mais sa tauromachie restera décousue.

 Pedro Andrés est un capeador souvent agréable. Il séduira avec la muleta, dans des figures lentes et harmonieuses et allant chaque fois au fond des passes, mais sans soumettre totalement l’adversaire. Une deuxième apparition dans ces tonalités avec en outre des séries données sans bouger sur un minuscule terrain.

 Pedro Luis après un honnête tercio de cape et un brindis au ciel restera assez superficiel, sans jamais faire humilier son novillo. Il délivrera ensuite avec le dernier novillo, un intéressant début de faena et d’admirables muletazos. Son coup d’épée est spectaculaire… mais pour autant, il n’a pas réussi à convaincre le public qui le lui fait payer lorsqu’il impose une vuelta.

 Ici rien n’est facile, surtout pas les novillos pour des garçons encore un peu verts face à ce public avec des exigences importantes.

Jean-Michel Dussol – Photos : Bertrand Caritey

Photo du haut : 6ème Aguadulce