Dimanche matin, Adriano, Rafi et Margé en fers de lance d’une torería tricolore avec de solides arguments…
Dimanche 24 mai. Soleil, légère brise par moments, deux tiers environ. Durée 3h10 !
Marseillaise à l’issue du paseo, suivie d’un salut du sextuor à la demande de l’aficion…
Toros de Margé formant un lot varié, de pintas, de tamaño comme de comportement, la plupart donnant un bon jeu, avec la palme pour les 1 et 5 gratifiés d’une vuelta.
Tibo Garcia : oreille.
Maxime Solera : vuelta.
Marc Serrano : oreille.
Adriano : deux oreilles.
El Rafi : deux oreilles.
Solal : oreille.
L’aficion tricolore attendait beaucoup de cette course en mode « justification et ambition » et le moins que l’on puisse dire est que le pari a été bel et bien gagné. Selon moi, ce constat tient à deux choses, d’abord la qualité des toros des Monteilles, mais aussi celle des six diestros nationaux qui ont affiché un investissement sans réserve. Et si deux d’entre eux sont repartis a hombros par la porte des Consuls, je pense qu’ils ont tous mérité des félicitations, d’autant plus qu’ils mènent une âpre lutte au quotidien pour sortir la tête de l’eau.
Ceci étant, on peut aussi se réjouir de la fréquentation dans cette matinée dominicale absolument torride qui a compris pas mal de bons moments.
Tibo Garcia ouvrit les hostilités avec un adversaire qui au premier tercio rendit la partie difficile à Luc Tosello, l’invitant à un tour de montagnes russes spectaculaire et mouvementé finalement bien contenu par le lancier.
Plus tard, après le rituel de la confirmation, Tibo brinda à l’assistance une faena comprenant plusieurs phases de réel mérite à base d’application, d’entrega et de temple, le tout lui valant un trophée après entière au second envoi.
Quant à « Titus », il a été crédité d’une vuelta chaleureusement fêtée.
Maxime Solera alla se poster pour un accueil a portagayola, mais le Margé préféra l’ignorer en filant le long des planches ! Mansedumbre confirmée sous le fer, puis second tercio médiocre avant la cérémonie et un brindis à Simon Casas. Il était clair que le maestro de Fos n’allait pas danser avec la plus belle, mais il fit tout de même un bel effort, qui lui valut de faire la vuelta après une quasi entière au second coup.
Marc Serrano alla à son tour se placer face au toril pour une portagayola suivie d’un capoteo décidé face à l’imposant « Trajan », de 560 kilos. Dans son rôle de parrain et fort de son expérience, le Nîmois s’engagea franchement dans la bataille, parvenant à s’imposer sur plusieurs séquences positives malgré un déficit de chispa de cet empereur. Entière et oreille.
Adriano attendit son opposant assis à l’estribo puis exécuta plusieurs lances de catégorie. Bon tercio de piques en trois fois, banderilles partagées avec Rafi et Solal puis brindis à l’assemblée d’un trasteo enlevé qui transmit au public, en mode alegría communicative, ce qui après entière lui valut les deux esgourdes de la Porte des Consuls.
El Rafi a immédiatement signifié qu’il n’était pas venu faire de la figuration, le Nîmois accueillant « Antonin » par trois largas suivies d’autres capotazos décidés. Après deux piques de Gabin, Rafi se chargea avec entrain du second tercio, s’attirant une belle ovation poursuivie par un brindis à l’aumônier des arènes Jacques Teissier. Tous au long de sa faena, Rafi ne laissa pas passer l’aubaine d’être tombé sur un adversaire enracé avec lequel il construisit plusieurs séries harmonieuses pour la plupart.
Entière au second coup, deux mouchoirs blancs tombant alors du palco, ainsi qu’un bleu pour ce bon toro.
Solal ferma la marche en se distinguant au capote puis le bicho y alla d’une vuelta de campana entre les deux rencontres bien administrées par Sofiane qui sortit sous l’ovation. Solal pris ensuite les banderilles pour quatre paires applaudies puis brinda au conclave une faena intéressante à base de distance et temple, remportant après entière le dernier trophée d’une agréable et prometteuse séance.
Bien sûr, on félicite en premier lieu Adriano et Rafi pour les deux oreilles, la ganadería Margé pour ses deux vueltas al ruedo, mais au-delà, de ça, j’ai envie d’adresser également des félicitations aux autres diestros et leurs cuadrillas car on a senti au cours de cette matinée que tous avaient joué le jeu au mieux. Ça s’appelle le pundonor, non ? Et ça mérite bien le respect…
A la lecture du programme de cette corrida, on pouvait constater que les six toros portaient des noms d’empreurs romains ! Titus, Marc Aurèle, Trajan, Domitien, Antonin et Hadrien, avec Constantin et Auguste de sobreros.
Allez trouver meilleur clin d’œil à la Ville de Nïmes…













