Une oreille pour Castaño qui sauve la feria avec un Miura…

 

Quatrième et dernière corrida de feria, soleil et chaleur, un gros trois quarts d’arène, deux heures quarante-cinq de spectacle. Cinq toros de Miura et un Yonnet qui a remplacé en dernière position le Miura sorti en troisième position, renvoyé pour faiblesse. Les cinq Miura de deux piques, troisième et cinquième à trois châtiments pour les premiers et quatrième et quatre piques au deuxième. Deux châtiments pour le Yonnet. Tous s’éteignant un peu dans la muleta, mais combatifs jusqu’au bout.

 

Pepe Moral (rioja foncé et azabache), au premier, six pinchazos, deux entières, sifflets ; au quatrième un mete y saca et une entière, silence.

Damián Castaño (blanc et or), au deuxième, une demie-lame et deux descabellos, ovation et salut ; au cinquième, une entière, une oreille.

Gómez del Pilar (bleu marine et or), au troisième une entière et un descabello, salut ; au dernier, une entière, salut.

 

Damián Castaño avec Pañolero, toro de Miura, ont sauvé la feria de Vic-Fezensac, lors de l’avant dernière faena du cycle. Un moment qui s’inscrit parfaitement dans la légende de l’arène. Un moment de courage et de peur. En voyant sortir ce cinquième toro, l’avant dernier de la feria, il a compris que le succès était au bout des cornes… Mais il fallait y aller, se battre à la pointe de ces sabres, redoutables armes d’un tueur né, d’un vil spadassin.

Mais le courage était du côté de la chance et de Damián qui jusqu’au bout allait se jouer la vie. Dans l’arène, par moment le silence étouffait les aficionados, qui soudainement exultaient aux cris de « torero, torero… »

Une danse de la mort où le torero a passé en revue les principales figures de la tauromachie. Le public a vécu ces moments au plus profond de sa sensibilité. On venait d’entrer dans la légende de la tauromachie de Vic-Fezensac, celle du courage et du toro de combat. Puis Damián décida d’arrêter cette danse de la mort. La musique qui s’était permise de jouer sans y être invitée, s’arrêta. Le silence revint dans l’arène, soudainement traversée par un cri d’effroi lorsque le garçon, épée en main, se jeta entre les cornes. Une estocade majestueuse… Une oreille et personne n’aurait contesté une seconde…

Pepe Moral n’a guère été chanceux à l’épée et Gómez del Pilar a dû s’incliner face au courage de Castaño. Une feria qui se termine sur une excellente note.

Jean-Michel Dussol – Photos : Bertrand Caritey