Jean-Charles Roux publie : « Morante de la Puebla ou les mystères du toreo » par Daniel Jean Valade…
Tel Dieu, en tout cas décrit par Serge Gainsbourg, Morante de la Puebla est « un fumeur de Havane » ! Il rend hommage à ses/ces puros dans les arènes où il exerce son art depuis le 1er octobre 1996 à Madrid sans, toutefois, se perdre dans les volutes bleues, confortablement assis sur une chaise, au milieu du ruedo, devant son adversaire cornu qui n’en croit pas les oreilles qu’il va laisser sur le sable… Tout récemment, terriblement blessé et ne pouvant hélas, pas reprendre la muleta quelques jours après, M. n’a pas foulé le sable des arènes de Nîmes lors de la Feria de Pentecôte. Jean-Charles Roux publie à sa gloire un remarquable recueil de morceaux choisis, chronologie des comptes-rendus de ses plus fameuses après-midis. Nos vœux vont, évidemment, vers ce torero exceptionnel.
L’ouvrage, de format 17×243, est fort de 70 pages. Il est remarquablement illustré de photos à la fois techniques et artistiques. Dans son avant-propos, Jean-Charles Roux annonce de « petits moments des faenas marquantes « signées par le maestro » illustrant la « progression de la carrière et l’évolution du toreo de M. ». Ces chroniques ont été écrites par des plumes affinées qui prouvent souvent un art d’écrire au style personnalisé. Elles vont de la novillada à Madrid, le 1er octobre 1996 (Joël Bartolotti) au 8 juin 2025. Chacun de ces textes fait preuve d’une acuité d’observation et de jugement de la part de l’auteur, et offre la diversité de talent d’écrivain qui rend ce kaléidoscope particulièrement agréable à parcourir.
17 auteurs répondent à l’appel. Sur le podium des participants, JC Roux monte sur la plus haute marche, suivi par Joël Bartolotti (4). La troisième marche accueille, pour 2 textes, JP. Hédouin, F. Boures, Pierre Dupuy, JL. Montastruc, T. Vignal. A tous seigneurs, tous honneurs, citons la présence de JP. Clarac et M. Darrieumerlou. La synthèse de la conférence donnée à Nîmes par Domingo Delgado de la Cámara figure en conclusion de l’ensemble.
Les photos illustrant l’ouvrage sont d’un grand intérêt. Celle de couverture montre Morante à deux genoux s’enveloppant dans sa cape au revers vert amande, devant « les 7 félibres de la loi » (comme aurait écrit Mistral) admiratifs depuis le callejón. Le demi-blond n’y est pas un bock (private joke…). 6 photos immortalisent le torero de la Puebla à la cape ; 24 à la muleta ; 1 rappelle la suerte de la chaise ; 1 banderilles en mains ; 1 témoigne d’une queue coupée ; la grande porte s’ouvre et deux portraits scandent le cursus de l’illustre matador de toros. 7 pages de photos en fin de l’ouvrage ponctuent l’exercice. On notera le cliché en contre-plongée de la page 6, où la cruche salvatrice est en lévitation, ce qui est légitime lorsque l’eau lustrale va contribuer à la signature de la faena à venir ! Le cliché montrant Morante (très) jeune (p 8) varie les instantanés décrivant les moments cruciaux des passes. Nous appelons votre attention sur la voiture hippomobile conduisant la cuadrilla aux arènes (4ème de couverture…) !
Laurent Arpinon, plasticien talentueux et aficionado, signe une page de croquis et une belle vignette.
Le relevé des plazas, lieux des exploits relatés de Morande, évoque : 1O fois Madrid, 11 fois Séville, 2 fois Dax puis, pour une localisation : Valencia, Jerez, Nîmes, Bilbao, Barcelone, Ronda.
Soulignons combien la ponctuation de la carrière de Morante est importante pour les aficionados. L’idée de cet expert qu’est JC Roux permet de lire, avec précision et sagacité, les « très riches heures » de cet artiste dont nous apprécions l’art et la forte autant qu’imprévisible personnalité. Il faut savoir gré à l’auteur (dont la passion pour le football se concrétise aussi dans la réalisation d’ouvrages sur Nîmes Olympique) d’avoir tout lu, puis choisi à la fois chroniques et photos (sur lesquelles on remarquera les puissants appuis de l’homme, ancré au sol par son courage et sa maîtrise. Evidemment, ce précieux album « Morante » devient, dès à présent, un essentiel de votre bibliothèque !
D.J.V.
FLORILÈGE…
. 1 octobre 1996. Madrid. J. Bartolotti. « Les nombreuses et belles naturelles mirent en évidence un poignet subtil et une utilisation surprenante, à ce stade, du pan libre de la muleta ».
. 21 avril 1998. Séville. J. Aubergy. « Encore une série à droite digne de l’art de toréer ».
. 19 avril 1999. Séville. JC Roux. « Le toreo qui sent bon la fleur d’oranger fut distillé par un M de la P touché par la grâce de la torería ».
. 12 octobre 2025. Madrid. J. Bartolotti. « Morante s’en va. Morante est parti »…
A Nîmes, l’ouvrage est en vente à la librairie Teissier, Goyard et l’Itinéraire.
Ailleurs, dans les principales librairies taurines, ainsi que sur jeancharlesroux.fr …
