Retour de la corrida de rejón de Nîmes avec la reseña de Freddy Porte soulignant les triomphes de Léa Vicens et Guillermo Hermoso de Mendoza…
Lundi 25 mai, matin. Léa Vicens, Guillermo Hermoso de Mendoza et Duarte Fernandes devant un lot de Fermín Bohórquez.
Reseña vue du Palco : Votre serviteur ayant l’honneur d’être le premier assesseur de la Présidente Marion Mazauric, Michel Baillet étant le second.
Belle matinée ensoleillée et belle entrée pour un cartel presque familier auquel venait s’ajouter un événement : la confirmation d’alternative du jeune cavalier portugais Duarte Fernandes.
Des toros de Bohórquez lourds et charpentés (de 504 à 612 kg) d’une grande noblesse auxquels on pouvait reprocher une certaine faiblesse qui induisit le manque de transmission.
Alors que le rejón de châtiment de confirmation lui était donné symboliquement par Léa Vicens, chef de lidia et marraine de cette célébration, le jeune Duarte avait la charge d’ouvrir les hostilités.
Il faut souligner que les cavaliers portugais d’alternative portent habituellement le costume Louis XV.
Le Lusitanien avait fait le choix du traje corto, plus seyant sans doute à son goût. Il est vrai qu’il flatte volontiers la silhouette du cavalier ! Ce dernier a la jambe bien descendue… il est bien assis et il dégage beaucoup d’aisance et d’assurance, même si la pression lui fit commettre quelques maladresses lors de la pose de certaines banderilles à son premier toro. Le public nous parut adhérer à la gaité et à la sincérité de sa tauromachie. Le manque de réussite avec les rejons de muerte le priva de récompense. Il faut noter toutefois que le rejón de mort qui emporta son second et dernier opposant fut le meilleur de la matinale, malheureusement il fut précédé de trois tentatives infructueuses.
La faena qu’il livra au N°35, son second adversaire, a été très plaisante et dynamique avec des engagements de face et des poses à l’étrier. Une vuelta al ruedo lui permit de recevoir les suffrages des connaisseurs.
Si mes souvenirs ne me trahissent pas, Léa nous livra, en cette chaude matinée, ses deux meilleures prestations nîmoises.
Précise dans la pose des castigos, elle enchaîna avec deux faenas de banderilles harmonieusement liées et de bon goût. On l’a sentie à gusto que ce soit avec Pantera, Jocker, Diluvio, Fermín, Jasmín… Ils ont tous contribué à la réussite de ses deux prestations. Des approches de face avec aguante pour de belles réunions et des poses le plus souvent à l’étrier. Des lames définitives efficaces : 2 oreilles et 1 oreille lui permirent de sortir par la Porte des Consuls.
La grâce et l’élégance du geste firent oublier quelque peu le manque de transmission des Bohórquez. Les figures de haute école : piaffer, levade, pas espagnol, terre-à-terre ont parsemé savamment l’ouvrage et souligné, si besoin, la maîtrise de l’Art. Dans la levade, Fermín cherche toutefois encore un peu son équilibre en écartant les postérieurs.
Guillermo manqua de précision avec le premier castigo infligé trop en arrière. Cela a eu pour conséquence de le faire saigner abondamment et de l’affaiblir outre mesure. Il perdait déjà une éventuelle seconde oreille. La faena, malgré de bons moments, baissa d’intensité et les poses de roses et de banderilles à deux mains se firent sur un toro arrêté. Une lame concluante : une oreille, celle du public. Doit-on lui rappeler qu’au-delà des bâtons réglementaires, on se doit d’avoir l’autorisation du Palco ? Nous sommes à Nîmes…
Pour son second combat, il fut plus précis mais le châtiment était malgré tout sur le haut de l’épaule gauche. Le mérite fut de le clouer de face. Avec les banderilles, la faena fut plus templée avec des cites de face et bien engagés, le plus souvent sur le piton contraire avec rencontre à l’étrier : entière trasera, deux oreilles. On revoit toujours avec plaisir les chevaux vedettes de Pablo : Berlín, Jibaro, Nomado, Ilusión, Navegante…
Il nous est donné de constater une fois de plus qu’il faut préserver au maximun l’intégrité du partenaire toro qui est le collaborateur essentiel de la fiesta. La précision dans la pose des attributs et la discrétion des capotazos sont indispensables. L’émotion doit se diffuser et un certain danger doit-être palpable.
Ne boudons pas pour autant notre plaisir et soulignons le triomphe de Léa Vicens qui partagea avec le jeune Mendoza la sortie a hombros par la Porte des Consuls. Ils remportèrent trois oreilles chacun dans leur chaleco…
Freddy Porte
Photos : Daniel Chicot.
Palco : Annie Saurel.










