Un avenir prometteur…

 

Six novillos de Gallon à la présentation inégale, les trois premiers corrects, les trois derniers plus corpulents. Nobles mais manquant de fond et de race dans l’ensemble, les trois novilleros ont été au-dessus de leurs lots respectifs. Arènes pleines, temps estival.

 

Emiliano Osornio : palmas après avis et oreille après avis.

Álvaro Serrano : palmas après avis aux deux.

Clovis : palmas après avis et oreille.

 

Les arènes étaient pleines, preuve s’il en est que la tauromachie est bien vivante dans ce coin des girondines. Superbe ambiance, une aficion enthousiaste, attentive, respectueuse et juste. Les novillos de Gallon ont posé des problèmes car ils étaient fades et manquaient de fougue, de hargne. Les trois novilleros, chacun à leur façon, ont réussi malgré tout à laisser des traces du toreo qu’ils portent en eux.

Le mexicain Emiliano Osornio, qui avait déjà fait forte impression à Madrid et dont l’apoderado n’est autre que Curro Vázquez, est un novillero dont il faudra compter à l’avenir et probablement la relève, si longtemps attendue, dans la tauromachie aztèque. Il a de la personnalité, une sérénité fascinante, une attitude qui est plutôt celle d’un matador, par sa maturité, ses choix et son intelligence.

Et, surtout, il exécute toutes les suertes avec pureté, sentimiento, rythme. Il a réussi des passes d’une qualité et d’une profondeur ahurissantes, à chacun de ses deux toros. Torero complet, il a peut-être encore des lacunes à l’épée, mais il faudra le suivre de très près.

Álvaro Serrano, récent triomphateur à la feria de San Isidro, est quelqu’un d’enthousiaste, de bouillonnant, de percutant.

Plus en novillero que le mexicain mais son attitude, sa fraîcheur, font aussi plaisir à voir.

 

Bonne prestation de Clovis, dont c’était la troisième novillada piquée.

Il affiche beaucoup de détermination, du courage et un sens artistique qui ne peut que progresser.

Clovis a fait une très belle impression et lui aussi est un gage de la relève en France et, souhaitons-le, dans l’ensemble de la planète taurine. Il ne demande qu’à mûrir.

 

Le matin s’est tenue une novillada non piquée avec trois novillos de La Espera, très nobles et dont un a été généreusement gracié. Ils ont permis aux deux novilleros au cartel de s’exprimer.

Manuel León, de l’école de Badajoz, a plus de bagage, plus d’aisance mais il lui a manqué du sentimiento, il torée souvent un peu loin et son toreo est un peu répétitif. Malgré tout il a gracié un toro, le troisième qui lui correspondait après la décision du jury qui départagea les deux novilleros, et une à son premier.

Julio Martín, novillero montois de l’école de Richard Milian, se présentait à sa quatrième novillada piquée. Evidemment il est vert, il est un peu dépassé à la cape mais à la muleta il est intéressant. Tout ce qu’il a fait ou essayé de faire, avait une raison, avec une belle conception du toreo, très esthétique.

Antonio Arévalo

 Photos :

Novillada piquée : Bruno Lasnier.

NSP : Wael Al Tabarah (Sortie a hombros de Manuel León avec l’éleveur du Palmeral Jean-François Majesté)

 

(NDLR : retour demain sur la corrida memoria de Madrid avec l’encerrona de Borja Jiménez…)