Entrer seul – Sortir seul…

« Beaucoup deviennent fous.

Certains perdent leur chemin.

Quelques-uns atteignent la vieillesse.

Quelques-uns gagnent de l’argent.

Certains meurent de faim.

C’est bon, vas-y. Fais-le.

Mais quand ils t’attaqueront.

Du côté que tu ne vois pas.

Ne viens pas me voir.

Avec des regrets.

Maintenant je vais fumer une cigarette dans la baignoire.

Et puis je vais aller dormir ».

Les types intelligents vous expliqueront.

Que les toros c’est de l’art.

Les types intelligents écrivent ça.

Dans des journaux climatisés.

Sur le sable, c’est plus simple :

Un homme et six tonnes de destin.

Le dimanche 7 avril le soleil avait passé la journée à cogner sur les pierres de Las Ventas

Comme un créancier patient.

Et à dix-neuf heures, il restait encore assez de lumière.

Pour voir les rides des vieux aficionados.

Au milieu de l’arène, il y avait un homme.

Borja Jiménez, seul contre six.

Une connerie de Julien Guerre.

Dont Borja n’avait pas besoin.

Les toros passèrent l’un après l’autre.

Rien ou presque.

Borja.

Cogna à la porte.

Et le sable.

Se chargea de traces, de sang, de poussière et d’orgueil.

Ce genre de choses qui ne valent rien à la banque.

Mais qui comptent encore quelque part.

Le public cria, applaudit.

La foule fait toujours ça.

Elle aime le courage.

Tant qu’il appartient à quelqu’un d’autre.

Quand tout fut terminé.

Madrid ressemblait à un bar après la fermeture.

Les verres.

Étaient vides.

Et Borja quitta l’arène comme il y était entré.

Seul.

C’est peut-être ça.

Finalement le métier.

Entrer seul.

Sortir seul…

Datos

Plaza de toros de Las Ventas (Madrid).

Corrida In Memoriam 2026 en homenaje a Ignacio Sánchez Mejías. Lleno de ‘No hay billetes’.

Toros de Domingo Hernández (1º, 3º bis), Toros de Cortés(4º y 6º), Victoriano del Río(2º bis) y El Torero (5º bis), desiguales de presentación, siendo varios de ellos protestados por su justo trapío.

En cuanto al juego, la corrida estuvo marcada por la falta de fuerzas en su conjunto, siendo el cuarto de la tarde, de Toros de Cortés, y el sobrero de El Torero los más destacados por su clase. También tuvo clase el primero, de Domingo Hernández, que estuvo medido de fuerzas; el segundo bis, de Victoriano del Río, tuvo movilidad, pero no pasó del inicio de faena; soso y deslucido el sexto.

BORJA JIMÉNEZ, en solitario, ovación, silencio, silencio, vuelta al ruedo tras petición, ovación tras aviso y silencio.

Patrice Quiot