Pour Nino, l’heure de la consécration arrive à grand… Palio !!!
En effet, le grand jour n’est plus très loin et ce dimanche matin ne sera pas comme les autres pour Nino Julián, qui à l’heure de l’apéro dominical deviendra le 77e matador de toros français.
Une entrée dans la cour des grands préparée minutieusement dans les moindres détails, avec Patrick Varin en mentor avisé, car on peut être sûr d’une chose, rien ne sera laissé au hasard. Nino a la tête sur les épaules, sait ce qu’il veut, et tout porte à croire qu’on va le retrouver dimanche prochain dans les meilleures dispositions, celles d’un gagneur toujours disposé à donner le meilleur de lui-même.
Rencontré ce mercredi à deux pas de chez moi, et de chez lui, nous avons bien entendu évoqué son passage dans la catégorie supérieure qu’on lui souhaite évidemment à la hauteur de ses ambitions…
- J’ai l’impression que si on évoque ta trajectoire, Istres est à ce jour une arène un peu fétiche, non ?
- En effet, un lien s’est tissé avec le Palio et quand la proposition de venir y prendre l’alternative a été à l’ordre du jour, c’est avec plaisir que nous l’avons acceptée. C’est l’arène où j’ai effectué ma première novillada piquée en 2022 et où je vais bientôt faire ma première corrida.
- Tu y penses depuis longtemps ?
- Oui et je pense qu’il va falloir que j’en profite car une alternative, on n’en a qu’une et ça passe vite ! Je veux donc profiter entièrement de ce jour, être moi-même en piste, que je puisse m’exprimer au mieux et que les aficionados voient en ce jour particulier le Nino qu’ils aiment !
- Que penses-tu du cartel ?
- Il va être relevé avec deux compañeros qui toréent assez souvent et qui ont déjà connu des succès cette année. Il va y avoir de la competencia, ça va être un cartel au sein duquel je vais jouer ma carte à fond.
- Le moment est -il pour toi bien choisi ?
- L’an dernier, nous avions déjà eu quelques propositions pour l’alternative, mais on voulait aller à Madrid avant en tant que novillero. On a donc repoussé un peu, mais on va dire que depuis l’année dernière, c’était dans l’air.
- Avec Patrick Varin, ça donne l’impression de très bien se passer…
- Effectivement, on a une très bonne communication l’un envers l’autre. Quand il a quelque chose qu’il trouve bien pour moi, il m’en parle avant, comme pour mon alternative où on a pensé que c’était la proposition la plus logique, avec laquelle on est tombé d’accord avec Bernard Carbuccia cet hiver.
- Petit flash-back sur ta période de novillero en piquée, que gardes-tu comme meilleurs souvenirs ?
- Il y en a pas mal, comme le temps passé à l’école de Salamanque où j’ai senti une réelle progression, avec aussi mes débuts à Istres où j’ai triomphé, mais aussi Mauguio, ma présentation à Nîmes l’année suivante aux Vendanges et d’autres fois où je me suis produit, ma présentation à Madrid, bien sûr, avec encore Parentis où j’ai été très bien accueilli…
- Toujours au sujet de ta perspective d’alternative, l’as-tu éprouvée comme un déclic ou était-ce quelque chose de plus diffus, de progressif, comme un aboutissement logique de ton parcours antérieur —
- C’est plutôt un sentiment qui fait que tu te sens prêt à franchir le cap, avec un point très important pour moi, c’est de tomber d’accord avec Patrick et à un moment donné, de ressentir les mêmes choses.
- Pour revenir sur l’affiche, comment l’as-tu accueillie quand on te l’a proposée
- Je pense que c’est une affiche attrayante, d’autant plus que mes deux compañeros comme je l’ai déjà dit, ont déjà quelques triomphes à leur actif, en particulier Colombo qui à présent a pas mal de bouteille et qui a déjà triomphé ici. Ce sera à moi de me mettre à niveau pour faire en sorte que cette tarde soit un excellent souvenir !
- As-tu prévu avec eux des détails de compañerismo en piste, notamment pour le deuxième tiers ?
- Non, je pense que ça se fera au dernier moment quand on se rencontrera au patio ou dans le callejón. Il est évident qu’on représente un cartel de banderilleros, le plan idéal étant de banderiller un toro en partage et l’autre individuellement, mais il peut y avoir aussi des interventions aux quites…
- Le second tercio, il est inné ou ça se travaille longtemps pour exposer un tercio complet et cohérent ?
- Evidemment, ça se travaille, d’ailleurs Patrick nous apprenait au CFT à réaliser ce tercio. Depuis, je le fais souvent car je m’y sens très bien, avec le sentiment d’apporter quelque chose, c’est pour ça que je continue à travailler cette suerte.
- Sur quoi sont basés tes entrainements ?
- J’essaie avant tout d’être varié et je tiens à ressortir des suertes que l’on voit un peu moins. C’est bien pour ça que je travaille une palette assez large que j’applique ensuite en fonction de l’opposition, bien entendu. Il reste bien évidemment qu’entre l’intention et la pratique il y a parfois un monde car le toreo s’interprète en fonction des réactions de l’animal. Et on ne peut pas toujours faire ce que l’on veut !
- As-tu des préférences dans les élevages ?
- En fait, de novillero, j’ai été opposé à pas mal de ganaderías d’origines différentes, ce qui est d’ailleurs très important dans l’apprentissage.
- Les Margé pour l’alternative, ça te va ?
- Les deniers résultats le prouvent, on a affaire à un élevage qui a le vent en poupe. Je suis allé tienter et ça s’est très bien passé face à quatre vaches. En référence avec le lot de Nîmes, je peux qu’avoir confiance. Des six toros, aucun n’a pas donné une option de triompher, et je pense que c’est ça qu’il faut retenir. Ce sont des toros qui ont de la mobilité, de la bravoure, qui transmettent des choses aux gens et je pense que c’est ce qui est important pour nous !
- La cuadrilla ?
- Gabin et Mathias à la pique et de banderilleros Thomas Ubeda, Morenito d’Arles et Hugo Stievenart. C’est la cuadrilla que j’essaie d’avoir le plus souvent, après on sait bien que ce n’est pas toujours facile selon les engagements des uns et des autres, mais dimanche, ils seront tous autour de moi.
- Comme il faut déjà penser à la suite, est-ce que tu as de façon officielle d’autres corridas annoncées ?
- Châteaurenard le mardi 4 août, aux côtés de mon ami El Rafi et d’Ismael Martín que j’ai côtoyé, je le répète, pendant deux ans à l’école taurine de Salamanque et qui sera mon témoin d’alternative ! Quant aux toros, ils seront de San Sebastian, un autre élevage qui est dans un bon moment… Pour moi, ce sera une année de rodage dans cette catégorie et je suis bien conscient que ce sera à moi de faire progressivement ma place… J’espère qu’Istres me permettra de mettre un petit coup de projecteur sur moi. On n’est pas pressé, mais il ne faut pas non plus trop trainer en route, d’où l’importance de cette alternative !
Voilà, on va souhaiter au charismatique Nino que ce dimanche soit le plus beau jour de sa vie, comme la clé d’une carrière qu’il a choisie parsemée de triomphes… SUERTE !!!









