Pour le festival de clôture, sortie a hombros des maestros et du directeur des arènes…

 

Temps ensoleillé, arènes presque pleines.

A l’issue de l’exécution des hymnes après le paseo, César Rincón a reçu un bel hommage de la part des autorités municipales et de Bernard Marsella.

Six novillos de Jandilla de présentation festivalière, inégaux de forces mais donnant du jeu la plupart.

 

César Rincón : oreille et deux oreilles.

Sébastien Castella : saluts et deux oreilles.

Juan Leal : deux oreilles et deux oreilles.

 

César Rincón était très attendu des aficionados pour le souvenir, la maestría et aussi pour le triste sort réservé dans son pays à la corrida.

L’accueil a été à la hauteur de l’attente et le Colombien n’a pas ménagé sa peine car si avec l’âge tout devient aléatoire, on a pu vérifier que ni la technique, ni le talent, ne lui ont fait défaut. Après deux rencontres au cheval, César brinda sa première faena à Sébastien Castella pour plus tard empocher une oreille après avoir fait ressurgir des séquences qui antan l’avaient porté sur les plus hautes marches. Excellente réception capotera de son second pour brinder plus tard à l’assistance une faena rythmée par le Concerto d’Aranjuez ponctuée de savoureux détails taurins, avec en fin de compte deux nouveaux trophées après entière tendida. Petit détail, mais on sait bien qu’ils ont aussi leur importance, en passant devant les musiciens de l’orchestre Chicuelo II lors de sa vuelta, César leur envoya les deux oreilles qu’il venait de récolter. Si ça, ce n’est pas Torero…

Après son triomphe de la veille, le public était aussi tout content de revoir Sébastien, dans un contexte certes différent. Le Biterrois s’employa à maintenir droit un adversaire juste de forces, mais avec tout de même une bonne charge. Sébastien composa un trasteo à la hauteur de son potentiel, la conclusion rabaissant quelque peu le résultat. Avec le quinto, au demeurant justifiant l’adage, José Chacón et Alberto Zaias firent une démonstration au second tercio et après leur salut, Sébastien brinda au public une faena templée, douce, bien au goût de l’auditoire, récompensée logiquement par deux appendices.

 

Juan Leal ne voulait visiblement pas être en reste… et il ne l’a pas été !  Brindée à ses deux compañeros, sa première faena a été harmonieusement orchestrée et après plusieurs séries données avec autorité puis un entière, il empocha deux récompenses qui allaient être doublées à l’issue du festival, au terme d’un second passage réussi devant un Jandilla entré au son de « Mexico » accueilli à genoux avant les chicuelinas marchées pour le mener au cheval. Au second tercio, son cousin Marco salua puis Juan se lança dans une faena variée et dynamique qui remporta un bel écho sur les étagères avant une estocade faisant tomber deux esgourdes de plus, le toro étant crédité de la vuelta.

Le bilan comptable est vite dressé, avec neuf oreilles coupées, le trio était invité à repartir a hombros, non sans y ajouter Bernard Marsella qui a passé tant d’années à défendre son Palio et la corrida à Istres. Pour le matador qu’il a été et pour ce qui a probablement constitué l’une de ses plus grandes faenas, l’ovation reçue lors de sa sortie triomphale a bien été à la hauteur de ses mérites. Olé, Maestro !