Juan Ortega triomphe dans la tempête…

 

Corrida des fêtes. Plus de trois quart d’entrée. Toros de El Pilar.

 

SÉBASTIEN CASTELLA, oreille et oreille.

JUAN ORTEGA, ovation et deux oreilles.

TRISTÁN BARROSO, ovation et saluts au seul qu’il ait tué.

 

La corrida a été arrêté après la mort du cinquième toro en raison d’un violent orage.

 

Après la pluie le beau temps, dit-on, mais on pourra dire aussi désormais après la canicule la tempête… Celle qui a frappé le Cap de Gascogne s’est levée en quelques minutes se manifestant par une violence extrême. Dans ces conditions, les organisateurs coupèrent court avec sagesse et Barroso ne put se produire une seconde fois. On n’oubliera pas cependant ces éléments déchaînés et l’effort inattendu de Juan Ortega peu habitué à ces colères célestes…

Bien présenté, le lot du Pilar, armé comme il faut mais sans plus, avait de la noblesse, répétant loyalement dans les leurres, parfois gâchée par des forces limitées et un manque de transmission. Le troisième fut le plus spectaculaire car le plus vibrant.

Sébastien Castella qui joue à domicile à Morlane où il a ses habitudes n’a pas eu son rendement habituel. Il débuta la soirée par une faena certes professionnelle face au premier qui avait de la classe, mais peu enlevée. La mayonnaise ne monta pas, l’ensemble sans surprise conclut par une entière d’effet rapide qui lui permis de couper un premier trophée. Il en coupa un autre dans la confusion de l’orage montant, face à un animal vite arrêté face auquel il fit un effort sans succès. Il le tua d’une entière basse : Oreille inattendue et peu demandée.

Juan Ortgea eut, à la cape, de bons moments face au second toro, en véroniques, longues et lentes avec ce fameux « caché » andalou. La faena ira de « más a menos », avec des détails de luxe, mais pas de réelle continuité dans un ouvrage fait de détails décousus.  C’est au dernier, sous une trombe d’eau céleste et devant une poignée de stoïques restés sur les gradins, qu’il montra qu’il possédait ce fameux « pundonor » qui fait la différence. Après un tiers de piques puis de banderilles réduits à leur plus simple expression, il débuta la faena assis sur l’estribo, recevant l’animal par le haut. La faena fut courte mais centrée et bien construite, conclue par une épée engagée d’où il sortit le pantalon déchiré. Cela impressionna le dernier carré resté sur les gradins et il obtint les deux oreilles : juste récompense de son entrega dans ces circonstances « dantesques ».

On en resta là, c’est dommage car on aurait aimé revoir Barroso très convaincant à son premier passage par son engagement, sa fraîcheur et son goût des choses bien faites. Il ne tua qu’au quatrième essai et se vit priver de toutes récompenses. Il fut cependant fortement ovationné…

Pierre Vidal – 

 Photos : Bertrand Caritey