Feria de Pentecôte 1994 ou la compulsion de répétition… (2)
Le vendredi, Rincón, programmé deux fois, coupa deux fois deux oreilles à des toros de Samuel Flores qui, nous le rappelons, étaient les frères de ceux de son triomphe en mano a mano avec Ortega Cano, lors d’une Beneficencia à Madrid, notant au passage que ce vendredi à Nîmes, deux de ses banderilleros («Monaguillo» et M. Gil) saluèrent au deuxième toro. Cano ne toréa qu’un toro sur deux, mais consentit le cinquième des deux côtés avec une valeur dédoublée compte tenu de son âge et de son ambivalence et Finito écouta deux avis, mais coupa une oreille à son deuxième. En outre, ce vendredi, et tous les bons journaux l’attesteront, le président de la course se nommait Di Domenico.
Le samedi matin, deux extraordinaires novillos (2ème et 3ème) de Sánchez Arjona ; deux banderilleros (Maxime et José Gomez) qui saluent ; Swan Soto qui se présentait en piquée qui coupe deux oreilles et «Luisito» qui en prend une au deuxième, tandis que les deux pinchazos et les deux descabellos de son second le font pleurer.
Le samedi après-midi, mano a mano ; la corrida de la répétition où sortent deux sobreros ; Joselito salue deux fois, pose deux paires de banderilles à son second et conclut ses deux faenas de deux estocades foudroyantes, tandis que Ponce écoute deux avis à son dernier, les deux compères sortant a hombros.
Le dimanche vespertina, des Miura ; deux supérieurs, deux justes de force ; deux ineditos et José Antonio Campuzano qui brinde son deuxième à César qui ne l’oublions pas s’était la veille inscrit dans ce fatidique chiffre deux.
Quant à la matinée du dimanche, c’était le compère Di Dominico qui était pour la seconde fois au palco pour donner deux oreilles à Cartagena et une au couple R.Telles/Marie-Sara.
On parlera aussi du lundi matin, des deux cavaliers, des deux toros, des deux novillos, d’Ojeda et de ses deux oreilles, on parlera de V. Barrera qui se fit désarmer deux fois ; et pour terminer avec la corrida du lundi après-midi, on aura noté que cette dernière du cycle fut de quatre + deux (quatre de García Jiménez et deux de Pérez Tabernero) en montrant une race qui ne se livrait qu’à moitié, tout en notant que si Manzanares et Esplá touchèrent un exemplaire de chaque, Rincón, lui, toucha deux García Jiménez.
Comme quoi !
Cette évocation n’a d’utilité que pour conclure en disant que Jean Bousquet n’a pas eu tout à fait tort de faire comme il a fait car il sait bien en fin politique qu’il est que lorsqu’on n’a pas grand-chose à dire, il faut, pour essayer de convaincre, le redire souvent… un peu comme Balladur qui, lui, lorsqu’il n’a rien à dire, donne l’impression de se répéter.
Aussi, pour faire un quite au maire, le «Cercle Taurin Dámaso González» s’est permis de lui proposer un cartel qui pourrait avoir la configuration suivante : Six toros de Sánchez y Sánchez pour Noël-Noël ; Iwéné-Iwéné et Boutros-Boutros Ghali, la chose rentrant de plain-pied dans cette logique compulsive de répétition…
Datos
La compulsion de répétition ou contrainte de répétition (Wiederholungszwang) est un concept psychanalytique introduit par Freud qui fait intervenir plusieurs concepts fondamentaux de la psychanalyse comme le principe de plaisir, le concept de pulsion et dans le cadre de la seconde théorie des pulsions, la pulsion de mort…
Patrice Quiot
