José Garrido triomphe au dernier moment…

 

Petite entrée, corrida remise il y a un dizaine de jours en raison de la canicule, deux heures trente de spectacle. Six toros d’Adolfo Martín, très typés santa coloma, de tête modeste dans l’ensemble, tous une pique à l’exception du cinquième trois châtiments, et du dernier, deux rencontres. Tous avec une belle bravoure dans le combat avec le cavalier.

José Garrido (bleu foncé et or), au premier, un pinchazo et une demi-lame, silence ; au quatrième, trois pinchazos, une demi-lame et un descabello, silence ; au sixième tué en raison de la blessure de Solal, une entière, deux oreilles.

Álvaro Lorenzo (saumon fané et or), au deuxième, un pinchazo, une entière, avis salut ; au cinquième, une demi-lame et trois quarts d’épée, salut.

Solal (blanc et azabache) au troisième, une demi-lame, un mete y saca, un quart de lame, un descabello, avis, salut.

Présidence, Franck Lanati.

 Sortie en triomphe de José Garrido

Il aura fallu attendre le dernier moment pour voir la corrida d’Aire-sur-l’Adour, s’enflammer et satisfaire enfin le public. Solal vient de rentrer à l’infirmerie, blessé lors d’une porta gayola avec le dernier toro de la course. Après un peu de cafouillage entre piques et banderilles, José Garrido profite des bonnes capacités du toro et sur une vingtaine de passes sur les deux mains livre une tauromachie parfaite, rapide et dominatrice. Il montre aussi beaucoup de courage en jouant chaque fois au plus près des cornes… Un très grand moment. Malheureusement, Malagueño ne peut suivre pareil rythme. José Garrido doit mettre un terme à son immense geste qu’il parachève d’une entière parfaite. L’oreille est indiscutable, une partie du public réclame une vuelta pour le toro. C’est une seconde oreille qui tombe du palco, et Malagueño demeure le grand oublié. Il vient donner un point d’orgue à un lot d’Adolfo Martín qui a été très apprécié et d’un comportement parfait. Tous ont terminé bouche fermée et se sont donné souvent à fond sous la pique. Un lot qui marquera la saison taurine du Sud-Ouest.

José Garrido avait ouvert la course avec toujours beaucoup de maîtrise à la cape. Avec un métier parfait, il fut souvent grâce une muleta très basse et lente, auteur de faenas agréables. Toutefois, par moment, il eut du mal à trouver le sitio parfait.

Álvaro Lorenzo offrit un toreo très classique, mais avec chaque fois quelques difficultés pour s’imposer sur ses deux adversaires. Avec le premier, il sera obligé de se replacer entre chaque passe à part une longue série parfaite avec changements de main multiples à la clé. Avec le suivant, c’est un peu la panique dans la cuadrilla, et pour Álvaro des séries de passes d’approche sans jamais se confier.

Solal avait pourtant très bien commencé avec un tercio de cape bien réglé après que le toro se soit pratiquement assommé sur un burladero. A droite, il signe de belles passes, souvent basses et lentes. Son travail ne sera guère aidé par un adversaire qui répète assez mal et auquel il faut arracher les passes une à une. Toutefois, on retiendra une bonne série à gauche.

Apprécié par le public il n’avait peut-être pas besoin de cette porta gayola… où il se coucha pour laisser passer au-dessus l’animal, qui en retombant, d’une de ses pattes lui brisa le bras. Dommage.

Au final, une course passionnante avec un lot de toros intéressant de bout en bout.

Texte et photo : Jean-Michel Dussol