Des novillos qui illuminent une journée taurine…

 

Fiesta campera et novillada sans picadors, petite entrée, excellents novillos formels et sans picadors du Lartet, Jérôme Bonnet.

 

Fiesta campera :

 

Dorian Canton, une demi-lame, deux oreilles.

Christian Parejo, une entière, deux oreilles.

 

Novillada Sans picadors :

Moreno Leal (bleu clair et or) au premier, une entière, avis, silence ; au troisième, trois pinchazos, une entière, deux descabellos, avis, silence.

Julio Martin (bleu clair et argent), au deuxième, un pinchazo et une entière, une oreille ; au quatrième, une entière, une oreille ; au cinquième, deux pinchazos, deux demi-lames, un descabello, avis, salut.

Présidence Pascal Darquier,

Sortie à hombros de Julio Martin…

Avec une fiesta campera le matin et une novillada sans picadors en fin de journée, le Club taurin d’Eauze offrait une journée complète aux aficionados gersois. Journée placée sous le signe de la ganadería du Gascon Jérôme Bonnet.

Avec Dorian Canton et Christian Parejo qui remplaçait Solal initialement retenu mais blessé au bras, la veille, à Aire-sur-l’Adour, la journée s’ouvrait par la tienta de deux vaches sur lesquelles on passera rapidement. Par contre, deux novillos très intéressants.

Le premier avec des qualités légèrement supérieures et applaudi à son entrée revenait à Dorian Canton, plutôt à l’aise à la cape qui complétait son jeu de véroniques par quelques chicuelinas bien senties. Il dessina une faena très lente avec des passes profondes sur les deux mains. Il tuait d’une demi-lame et recevait deux oreilles du président Pascal Darquier.

Christian Parejo, le Biterrois de Chiclana après un bon jeu de cape commença avec la muleta sur la main droite, immobile, les pieds rivés dans le sable en multipliant les figures et déclenchant la musique. Il nous étonna sur la main gauche avec une muleta particulièrement basse et une lenteur magique. Le novillo, comme le premier suivait avec une immense noblesse. Parejo terminait d’une entière et recueillait deux oreilles. Les deux novillos, de grande classe, furent chaque fois applaudi à l’arrastre.

Jérôme Bonnet revenait avec cinq novillos sans picadors que se partageaient Moreno Leal et Julio Martin. Toujours sous l’arbitrage de Pascal Darquier. Disons tout de suite que Moreno Leal nous avait habitué à mieux. A la cape, il fut souvent superficiel, puis il tenta de forcer le destin avec une porta gayola suivie de deux faroles à genoux et d’une série de véroniques sans vraiment ralentir l’adversaire. Dans ses deux faenas, il y eut de rares bons moments mais ses muletazos demeurèrent le plus souvent fades.

Par contre, le landais Julio Martin, chaque fois volontaire à la cape malgré quelques figures à travailler encore fut très varié à la muleta, que ce soit par de petites séries dans de minuscules terrains sans bouger ou par des naturelles dessinées avec lenteur et harmonie. Julio Martin joua souvent la carte de l’immobilité. Retenu pour affronter le dernier novillo, qu’il brinda à Jérôme Bonnet, le garçon ne retrouva pas toutes ses qualités, souvent décontenancé par un animal qui avait tendance à se réfugier aux planches.

Devant ce lot particulièrement agréable et noble, Julio Martin a démontré qu’il a soif d’arriver rapidement parmi les grands…

Jean-Michel Dussol