Pour la clôture, triomphe « a lo grande » de Tomás Rufo qui a coupé quatre oreilles aux toros de Jandilla…
Mardi 14. Plein. Toros de Jandilla (3, 5 et 6), les trois autres de Vegahermosa, même maison. Le 3, « Castigado », premier de Rufo, a été crédité de la vuelta.
Juan Ortega : oreille et saluts.
Andrés Roca Rey : oreille et silence.
Tomás Rufo : deux oreilles et deux oreilles.
Le grand vainqueur du jour, et même de la semaine, a été incontestablement le maestro de Pepino qui a raflé quatre trophées au terme de deux faenas abouties. D’abord face à l’excellent toro de vuelta pour récolter deux premières oreilles au terme d’un trasteo compact, comprenant des séquences relâchées et inspirées sur les deux bords. Puis récidive avec le dernier toro de la feria, « Oyente », bien reçu au capote puis à la muleta, nouveau récital de Tomás conclu par un coup de canon qui fit lever les gradins. Pouvait-on rêver meilleur final ?
Juan Ortega n’a pas été avare de mouvements de classe dès la réception de son premier, la faena atteignant quelques hauteurs qui lui vaudront finalement une oreille. Avec le 4, Óscar Bernal se signala vara en main, puis la faena comprit des passages valeureux face à un opposant en dessous des précédents pour au final, malgré un effort du Sévillan, se limiter à un salut.
Roca Rey a reçu son premier par capotazos ajustés, tout comme sur un quite, avant d’entamer sa faena à genoux avec plusieurs cambios courageux, la suite étant un peu moins limpide à cause principalement du comportement changeant de son adversaire. Mais le Péruvien ne lâcha jamais l’affaire et conclut par espadazo, ce qui lui valut un trophée. Avec le quinto, Andrés s’efforça de l’intéresser au capote et après un tercio de varas discret, sa faena comprit quelques séries méritoires, notamment à gauche, le tout se terminant par entière au second envoi.
ENCIERRO
Dernier encierro aussi rapide que les précédents, 2’25. Vers le début, gros susto avec un Jandilla se détachant et blessant trois mozos, la suite sur un rythme endiablé où les coureurs tentaient de se frayer un passage entre un groupe partagé en deux au moment de gagner le ruedo…
Deux mozos ont reçu une cornada au niveau du thorax, un troisième a subi un traumatisme crânien et un autre a été touché à la jambe. Pour compléter le tableau, on ajoutera les traditionnels traumatismes et contusions, sept coureurs étant en définitive hospitalisés…
https://www.youtube.com/watch?v=F2mg9P7hceA
La veille…
Lundi 13. Plein. Toros de Miura charpentés, au comportement inégal, mais la plupart toréables, meilleur le dernier.
Manuel Escribano : oreille et vuelta.
Pepe Moral : silence et sifflets.
Jesús Enrique Colombo : oreille et saluts.
Manuel Escribano a bien joué sa partition en maestro entreprenant, alliant entrega et aguante, comme sur la réception de son premier a portagayola, et si ce n’était pas assez, il retourna encore se placer avec son second face à la porte des torils. Outre son courage, le maestro de Gerena afficha d’indéniables qualités toreras, tant au capote qu’à la muleta, banderilles comprises pour faire bon poids. Une actuation davantage appréciée par les gradins que par le palco, en la circonstance quelque peu tacaño…
Pepe Moral a connu une tarde de plus de peine que de gloire. Certes, ses deux opposants n’avaient rien de joyeux complices, mais ce jour, on a trouvé le Sévillan peu inspiré, pas plus que décidé. Et quand ça part en vrille, rien ne vient arranger les choses, comme par exemple le maniement du verduguillo à son second…
Colombo, en revanche, a fait preuve de sa verve habituelle, exhibant à son premier un capote mentionnant « Fuerza Venezuela » lié à la situation actuelle dans son pays… Son premier Miura se lésionna un piton et la faena s’en ressentit, Jesús Enrique empochant tout de même un trophée après une estocade spectaculaire. Avec l’ultime, sorti d’un autre tonneau, il exécuta une faena vibrante qui avec une meilleure conclusion aurait pu l’entrainer vers la grande porte…
ENCIERRO
Course rapide des Miura, 2’34, compacte puis perdant un toro en route, mais pas bien loin, la suite toujours à vive allure avec de belles courses templées de mozos. A l’entrée de la plaza, fait curieux, la manade fit demi-tour, comme si le groupe s’attribuait une vuelta al ruedo, avant de suivre placidement la direction indiquée par les dobladores…
Huit blessés, aucun par corne, dont quatre hospitalisés pour divers traumatismes.
https://www.youtube.com/watch?v=RH1qu_jxSno
Photo : Plaza Pamplona
