Une novillada en deux oreilles…
Un gros quart d’arène, soleil et forte chaleur, novillada sans picadors des fêtes, deux heures dix de spectacle. Six novillos du Camino de Santiago (Jean-Louis Darré), bien présentés avec une mention particulière au dernier et au quatrième, colorado, et véritables petits toros. Tous très nobles et permettant mieux que ce qui leur a été demandé.
Israel Guirao (beige foncé et or), au premier, un pinchazo, un quart de lame et trois quarts de lame, salut ; au quatrième, une demi lame, une oreille.
Fernando Venegas (rose et or), au deuxième, un pinchazo, une entière et un descabello, salut ; au cinquième, trois pinchazos, une demi lame, deux descabellos, avis, salut.
Julio Martin (blanc et or), au troisième, un pinchazo et une entière, vuelta ; au dernier, un pinchazo et une entière, une oreille.
Une excellente novillada sans picadors, parfaitement présentée, de comportement parfait dans la muleta, les Camino de Santiago sont sortis grandis de cette course. On peut même regretter un manque de technique de la part des novilleros pour les mettre parfaitement en valeur et un manque de décision de la part de la présidence pour accorder une récompense quatrième combattant.
Israel Guirao ouvrait la course avec une belle séquence de cape et se plantait au centre de la piste, immobile pour donner le ton de sa faena illuminée à chaque instant par de spectaculaires pechos. Il revenait en pleine lumière avec quelques véroniques à genoux suivies de capotazos lents et profonds. Il dessinait ensuite une faena débordante de sensualité avec des naturelles parfaites… Allant ensuite, d’une main à l’autre tout en douceur, le tout parachevé par une belle estocade.
Fernando Vanegas fut le grand perdant de cette journée, même s’il a brillé aux banderilles lors de ses deux sorties. Chaque fois, il a peiné à trouver le sitio, surtout à gauche malgré une muleta très basse et lente au possible. Il revient sur un farol à genoux suivi de séries de véroniques lentes et douces. Ses faenas seront construites autour de longues séries sur les deux mains. Il ternira ces moments en étant désarmé par deux fois. Des mises à mort chaotiques n’arrangeront pas l’ensemble.
Julio Martin sera chaque fois intéressant à la cape. Un style très classique qui lui fait ouvrir ses faenas par des passes basses données genoux pliés. Chaque fois, il nous délecte de longues séries sur la main droite qu’il sait entrecouper par des naturelles lentes et basses, données, immobiles au centre de la piste. Il manque encore un peu de souplesse au poignet, mais un grand torero est en train d’éclore. Il aurait dû profiter de la qualité du bétail qu’il affrontait à Plaisance pour parfaire sa formation.
Mais au soir de cette journée, le grand vainqueur n’est-il pas l’éleveur Jean-Louis Darré ?
Jean-Michel Dussol
