Samedi matin. Novillada des fêtes. Deux tiers d’entrée. Novillos de José Cruz (1er bis).
Emiliano Orsonio, avis et silence et silence après avis.
Julio Norte silence après avis et silence.
Clovis Germain, oreille après avis et deux oreilles.
Le jeune Clovis a été sacré roi du Plumaçon hier matin, faisant derrière lui l’unanimité d’un public bienveillant et sauvant de l’ennui une matinée longue comme un jour sans pain. Cette médiocrité, on la doit à un bétail inégal de présentation, faible, décasté et de mobilité réduite, exception faite du sixième, toro complet et d’une noblesse vibrante.
Face à cette matière défaillante on trouvera des excuses à Emiliano Osornio sur la défensive à son premier passage, mais plus décidé par la suite sans trouver l’adversaire idoine à sa bonne volonté. Il tua le quatrième en deux temps d’un estoconazo qui lui vaudra quelques applaudissements.
Beaucoup de décision chez Julio Norte qui tombera sur un os à son premier passage, mais qui se donnera à fond par la suite sans beaucoup de réussite. Accueilli à genoux l’animal donnera des illusions, mais ne dura pas. Le jeune Salmantino l’attaqua par cercanías, un terrain où il excelle, mais l’inanité du bicho ne lui permit pas de connecter avec le public ; les échecs répétés à l’estoc lui interdirent tout espoir de récompenses.
Disons-le, Clovis tomba sur le bon lot mais il sut se montrer à la hauteur, réveillant un conclave déçu et maussade. Il brilla à ses deux dans tous les tiers : aux banderilles (beau quiebro à son second passage) montra de l’agilité et de l’originalité à la cape par saltilleras et chicuelinas et surtout construisit deux faenas classiques menées des deux côtés avec de très bons passages au ralenti. Deux entières, la seconde exécutées à la perfection, conclurent l’ouvrage : Que demande le peuple ? C’est en toute légitimité qu’il sortit royalement du Plumaçon.
Ah ! J’oubliais il avait accueilli le dernier à puerta gayola, suerte à la mode qu’il exécuta habilement…
Pierre Vidal




