Toute la puissance d’un grand maestro…

 

Tarde passionnante de bout en bout, avec le public subjugué par ce qui s’est déroulé en piste. Il y eut de tout: deux grandes faenas d’une grande variété et d’une maestría fascinantes. La première à un toro d’El Parralejo où Daniel Luque a enchaîné des séries de passes droitières d’une grande profondeur et avec à la fois une esthétique remarquable. Pleins de détails savoureux, il lui manqua une série de la main gauche plus concluante, raison pour laquelle il n’obtint qu’une oreille alors que le public en demandait deux.

 

On lui en octroya les deux du toro de Juan Pedro Domecq, dont le trapío provoqua l’ovation du public dès sa sortie. Daniel se régala à la cape, partagea les banderilles avec Mathieu Guillon avec réussite pour tous les deux et construisit une faena vibrante et parfois enivrante de muleta.

 

Faena complète, sans aucun temps mort, conclue avec une redoutable estocade. Autre atout majeur de Luque, il a été d’un engagement total avec l’épée, ferme et concluant également dans le descabello.

Personnellement j’ai été conquis par une grande partie de sa faena à un toro de La Quinta avec un trapío excessif pour cet encaste, qui par ailleurs ne voulait pas humilier. Il l’a toréé avec une douceur sidérante, à mi-hauteur, avec un relâchement ensorcelant. Malheureusement cette faena est allée inévitablement « a menos ».

On a vu aussi Luque très proche de ses cuadrillas, banderilleros et picadors, les félicitant ou les réconfortant.

 

La déception est venue de certains toros, les deux Fuente Ymbro et celui de Victoriano del Río, qui malgré la entrega permanente du torero de Gerena, ne lui ont pas permis de finir en apothéose. Quoi qu’il en soit, cette tarde de Mont-de-Marsan confirme qu’il est toujours aujourd’hui la figura la plus importante en France…

Antonio Arévalo – Photos: Bruno Lasnier

 

(NDLR : Une pensée pour Marco Pérez qui a subi à Santander une cornada de deux trajectoires dans la cuisse droite… Ánimo…)