Tourada du mercredi 29 juillet avec Emiliano Gamero et Ribeiro Telles…
Une demi-arène aux Saintes-Maries-de-la-Mer pour cette corrida portugaise traditionnelle de fin juillet, la particularité de cette édition résidant dans l’originalité du cartel.
Tradition oblige : Tristão Ribeiro Telles, cavaleiro lusitanien de dynastie. Il appartient à une famille que l’on ne présente plus à l’Aficion, tant ce nom résonne comme un gage de garantie. Garantie qui n’a pas été démentie en cette soirée saintoise.
Le chef de lidia, quant à lui, est mexicain : Emiliano Gamero. Un vrai descendant des Mayas ou des Aztèques ?… Il arbore une belle moustache et s’habille de Charros. Ses montures sont harnachées à la mexicaine, selon la coutume. Il monte des chevaux du pays, longilignes, certainement près du sang.
Le groupe de forcados qui eut en charge d’arrêter les toros en lieu et place de la mise à mort était de Lisbonne.
Face à des toros de Tardieu Frères bien présentés : 4 noirs et 1 castaño ; 3 de quatre ans nés en 2022 et 2 cinq ans nés en 2021.
Ceci dit, les pensionnaires de la Cour des Bœufs ne furent pas des plus commodes : manso le premier, le second fut le plus compliqué. Brusque dans ses charges, il ne manqua pas de couper du terrain…
Les hommes, tant à pied qu’à cheval furent à la hauteur des difficultés.
Leur comportement rendit les pegas spectaculaires, les moins dangereuses étant celles des deux derniers. Ceci grâce à la charge franche et longue des toros à la devise violet, blanc et noir.
Il y fallut deux voire trois tentatives pour les immobiliser, à l’exception du numéro 33 opposé au jeune Ribeiro qui sorti en 4ème position a stoppé à la première pega.
Un forcado est passé par l’infirmerie : quelques points de suture au menton.
Le toreo frontal avec aguante de Telles avec son approche de face le plus souvent possible à piton contraire, tel qu’édicté dans l’Art de Marialva, a séduit les amateurs du classicisme. Il fut précis dans la pose des fers.
La conception de Gameiro est plus campera. Ses chevaux sont pratiques, fiables, calmes et agiles. Toutes ces qualités leur permettent de se sortir de toutes les situations, même les plus délicates, avec aisance.
S’il se risque à s’élancer de face, c’est presque toujours en pesant vers l’extérieur. Il groupe également la pose de ses attributs malgré de petites maladresses lors des charges violentes.
Si le Portugais a plus de temple avec des chevaux plus rassemblé, Emiliano est un peu plus rapide avec des chevaux dans un équilibre horizontal. Il sait meubler ses faenas de figures spectaculaires.
Juan Bautista a reçu divers brindis des forcados et des cavaliers. Marie Sara a reçu un brindis de Gamero.
Une belle soirée où deux traditions, deux cultures, loin de s’affronter, ont su rivaliser harmonieusement, en se complétant par leur différence.
Nous souhaitons qu’il nous soit donné de voir plus souvent de telles programmations.
L’émotion était au rendez-vous…
Freddy Porte
Photos : Jean-François Galeron





