Esteban Navarro coupe l’unique oreille de la course…

 

Novillada sans picadors, petite demi arène à l’ombre, soleil et chaleur, deux heures vingt de course. Deux novillos de Colombeau, deux de Barcelo, deux de La Suerte (Joé Gabourdès), tous bien présentés, de comportement agréable.

 

Pedro Caminero (rouge foncé et or), au premier Barcelo, un pinchazo, un mete y saca et une entière, silence ; au quatrième, La Suerte, un pinchazo et une demie lame, silence.

Moreno Leal (bleu et argent), au deuxième, Colombeau, deux entières, silence ; au cinquième, La Suerte, un pinchazo et une demie lame, silence.

Esteban Navarro (blanc et argent), au troisième, Barcelo, quatre pinchazos, une entière, un descabello, silence ; au dernier Colombeau, deux pinchazos, une entière, une oreille.

Présidence : André Tournaire.

 

Au dernier instant, Esteban Navarro coupe une oreille au dernier toro de la course qui sort avec le fer de Colombeau. Jusqu’alors, cette novillada sans picadors de Riscle avait été assez morne en raison d’un manque de technique des novilleros. Mais quelques instants avant de prendre l’épée, Esteban Navarro avait illuminé l’arène avec une série sur les deux mains, débordante de temple et d’harmonie. Ce sera un des rares moments où la course s’est élevée. Auparavant, avec un toro de Barcelo, il avait ouvert une intéressante faena avec une série de statuaires, mais son toreo est demeuré beaucoup trop parallèle pour convaincre.

On aura apprécié au cours de cette novillada les bons moments de capeador de Pedro Caminero, venu de Salamanque pour se présenter en France. Par contre, il lui reste de nombreuses lacunes à combler avec la muleta, même s’il signe quelques très beaux muletazos qui surgissent parfois de son toreo assez pauvre.

De Moreno Leal que l’on avait vu sous de meilleurs jours, il n’y a que peu à dire. Il aura souvent chiffonné et reculé sur ses passes, payant à son premier une sérieuse voltereta avant de se faire plusieurs fois accrocher la muleta lors de sa seconde sortie.

Les trois fers ont présenté d’excellents novillos qui ont souvent dépassé la technique de leurs adversaires. Dommage, ces novillos méritaient mieux…

Jean-Michel Dussol