… Et ce depuis toujours…
Je le connais peu.
Et l’aime beaucoup.
Et ce.
Depuis toujours.
Une grâce de vaguelette du Rhône.
Sous le pont de Trinquetaille.
Une délicatesse de fleur de saladelle.
Sur les bords de l’étang de Faraman.
Une vie.
En éclats d’estrambord.
En palpitations.
De tendresse.
En sacs de ciment.
Portés sur l’épaule.
En aléas.
Et vicissitudes.
En abrazos.
De vérité.
Et en sourire.
D’enfant.
Un feu couvert
Qui se consume en chantant.
Les yeux sont ceux de la bonté.
Qui regarde les pâturages.
La bouche est douce.
Comme le miel des abeilles noires.
Les lèvres sont fines.
Elles n’aiment pas le mensonge.
A voix basse.
Les deux enchantent.
Il va dans la vie.
Comme il allait devant les toros.
Il va dans la vie.
Comme bruissent les roseaux.
Ses manières.
Sont exquises.
Mozo de espadas.
Quand il pliait le capote.
Se taisaient.
Les colombes.
Quand il présentait.
La muleta.
S’apaisait.
Le vent.
Et quand.
Il tendait l’épée.
Le rossignol.
Chantait.
La fidélité.
Est son registre.
Des Romero.
Aux Leal.
Des Losada.
A Vivi Cau.
De François Caro.
A Lalo de María.
De Barriol.
Au Trébon.
Le dieu Amour.
Est son père.
Et les toreros du monde entier.
Ses frères.
Connaissant les codes.
D’un monde qui est un peu le sien.
Il fait.
Comme il se doit de faire.
Et sait.
Ne pas laisser se faner les roses.
Il parle avec son cœur.
Comme il toréait avec lui.
Quand, en costume de ville.
Et en detalles de prince.
Il mettait.
L’anochecer en fête.
Triana.
S’invitait au «Tambourin».
Il dit.
La simplicité des choses.
Con gracia.
Dans la façon.
En mots.
Qui sonnent comme une solea.
Al compás.
De La Roquette et de la place du Forum.
Un monstruo.
D’affection cachée.
Un cryptoportique.
Du sentiment tu.
Une tour sarrasine.
Du vrai enfoui.
Une âme.
Et un parfum.
Paco Manuel «Termite».
Est son apodo.
Jean-Louis Ayme.
Son nom.
Je le connais peu.
Et l’aime beaucoup.
Et ce.
Depuis toujours…
Patrice Quiot
