Débuts réussis d’Hugo Tarbelli…
Novillada des fêtes. Moins de ½ arène.
Novillos de Luc et Marc Jalabert (1,2,3) et de La Golosina (4,5,6).
Jesús Romero, silence et vuelta al ruedo ;
Mario Vilau, palmas après avis et ovation et saluts après avis ;
Hugo Tarbelli, ovation et saluts après avis et deux oreilles.
La canicule engendre la torpeur et la mayonnaise n’a jamais réellement pris hier à part pour le final généreux qui place les débuts d’Hugo Tarbelli sous de bons auspices. La chaleur était alors moins asphyxiante et le dynamisme du jeune élève de Richard Milian sut enfin sortir les tendidos de leur excessive retenue.
Le lot de Jalabert (il est le propriétaire des deux fers) était bien présenté comme il se doit dans ces arènes, la prime de ce point de vue aux pupilles de La Golosina, berrendos, dans le type La Quinta dont ils sont originaires. L’ensemble (les deux branches) noble a manqué néanmoins de chispa, se dépensant à la pique de manière mesurée et manquant par ailleurs de cette transmission essentielle à la réussite du spectacle. Le cinquième faible.
Malgré ses qualités et son toreo très personnel, Jesús Romero n’a jamais capté l’attention du « respectable ». Il opta dans ses deux prestations pour des distances courtes, tentant d’imposer un toreo vertical assez original mais qui ne passa pas la rampe. Un pinchazo suivi d’une entière pour conclure son premier travail. Lors de son second passage, ses efforts furent gâchés pas sa maladresse à la mort.
Mario Vilau s’appuie sur une solide technique. On l’a vu surtout face à son novillo de La Golosina (le 5ème) qui sortit faible, mais dont il sut capter les qualités : la noblesse et cette capacité d’humilier unique à son origine. Toreo en redondo, la muleta captant la charge du toro dans des séries méritoires. Tout cela eut peu d’écho sur les tendidos et comme lors de son premier passage, à défaut de mort rapide, il dut se contenter de maigres applaudissements.
Hugo Tarbelli qui faisait ses débuts en novillada piquée a montré qu’il avait envie et son entrega a sorti le public de sa léthargie à ses deux passages. Des scories bien sûr dans cette tauromachie débutante, mais une volonté qui force l’adhésion. Le jeune homme banderilla ses deux adversaires avec plus d’énergie que de rigueur. Les deux faenas manquèrent de cohérence dans leurs constructions, mais le jeune homme ne céda jamais tout à fait et il eut de bons passages. Surtout, et cela n’est pas un détail, il plaça deux estocades parfaites en s’engageant avec foi ; la seconde sin puntilla. Ainsi, grâce à sa maîtrise de la suerte suprême, l’espoir juvénile du jeune Hugo s’est concrétisé et il est sorti en triomphe de ces arènes de la Perle de la Chalosse…
Pierre Vidal






