Hugo Tarbelli confirme…

Mardi soir. Corrida mixte. Plus de ¾ de plaza.

Toros et novillos (3º et 6º) d’Olivier Fernay, le troisième le novillo « Fatigoso’ n° 9 vuelta al ruedo.

Antonio Ferrera, silence après avis et silence après avis ; 

Dorian Canton, vuelta al ruedo après avis et palmas après avis ;

Le novillero Hugo Tarbelli, oreille et vuelta al ruedo après avis.

Le prix Thomas Dufau au meilleur torero est allé à Hugo Tarbelli.

Hugo Tarbelli, appelé en remplacement de Clovis toujours blessé, a confirmé devant un bon novillo de Fernay les bonnes impressions laissées l’avant-veille à Hagetmau. La rigueur du palco ne lui a pas donné la chance de sortir par la grande porte, mais il aura convaincu les sceptiques.

Le lot disparate d’Olivier Fernay dans sa présentation est allé à más : les quatrièmes et cinquièmes hauts et armés pointus faisant impression dans la placita du Marsan. Au moral, l’ensemble s’est avéré âpre, ne se livrant pas sous les piques, violent et développant un instinct défensif poussé – genio. Le cinquième intoréable. Une exception notable, le troisième (1er novillo) qui prit deux piques, mobile par la suite, plongeant dans les leurres avec vivacité, franc dans ses attaques et terminant la bouche fermée. Il fera une vuelta légitime.

Antonio Ferrera est passé se limitant au programme minimum. Ne s’imposant dans aucun de ses deux combats, il s’en vit pour tuer ses deux adversaires, mais la désapprobation publique restera contenue ; le silence à son égard n’étant que politesse au regard des services rendus par le passé.

Le planchot est resté vide et Dorian Canton n’a pas coupé cette oreille dont il avait tant besoin, mais il a laissé une impression positive. Le Béarnais a montré son sang-froid, son calme et aussi son oficio dans ces situations difficiles. Bien à la cape, faena sérieuse face à son premier opposant, mais une mort en deux temps qui limitera sa récompense à une vuelta très applaudie. Le cinquième n’avait pas une passe. Il s’en débarrassa d’un bajonazo et fut à nouveau fêté.

Hugo Tarbelli a su profiter des atouts du premier novillo qu’il accueillit à Puerta Gayola. Il a ce dynamisme, cette entrega des novilleros à l’ancienne et, mieux encore qu’à Hagetmau, il a passé la rampe, se taillant un beau succès à la cape comme à la muleta, avec plus de précision, de liant, de sérénité aussi que lors de sa prestation dans la « Capitale de la Chaise ». Comme il tue avec une conviction peu commune, il coupa une oreille qui aurait pu en faire deux. Plus en retrait à son second passage, il occit le Fernay avec sa détermination coutumière et partit pour un tour de piste triomphal. Cette volonté qui emporte l’adhésion, c’est la révélation du moment…

Pierre Vidal   – Photos : Romain Tastet