Honneur aux soldats du feu…

 

Arènes de Parentis, dimanche 9 août, seconde novillada de la Sent Bertomiou. ¾ de plaza. 6 novillos de José Cruz.

 

 Martín Morilla : silence, pitos après deux avis.

Victor : oreille et silence après avis.

Ignacio Garibay : silence, silence après avis.

 

Victor et Martin Morilla eurent le bon goût de brinder le second et quatrième toro au responsable local du SDIS présent en uniforme des pompiers. Cette mise en avant des soldats du feu fut très appréciée du public qui sait, ici, ce qu’on leur doit. Il faut préciser que durant la novillada l’orage s’abattant sur la couverture des magnifiques arènes Roland Portalier, on recensait de nouveaux départs de feu que les trombes d’eau ne pouvaient éteindre. Précisons aussi que la jeunesse arborait un foulard rouge vendu au profit des soldats du feu, qui, de plus, malgré leurs soucis ont assuré les fameuses « tripes aux pompiers » sans lesquelles les fêtes de la capitale du pays de Born ne seraient pas complètes…

Pour le reste, peu à dire car les novillos de José Cruz hauts, lourds, charpentés, ont dans leur ensemble déçu par leur comportement. Tous justes de force, ils ont laissé beaucoup de jus à la pique (pourtant maniée avec précaution) et ne se sont que peu manifestés par la suite. Le second fut le seul réellement potable : noble, mais sans vraie transmission. Le troisième s’effondra dès le début de la faena et le sixième ne resta debout que grâce aux soins d’infirmiers de Garibay.

Martín Morilla se contenta du minimum face à une opposition qui ne permettait pas de mise en valeur. Il montra qu’il maniait bien la cape au premier passage, mais frôla la correctionnelle au quatrième : maladroit à l’épée et catastrophique au descabello.

Heureusement pour lui, un énième coup de verduguillo le sauva de justesse du déshonneur l’horloge tournant…

Bien Victor face au plus comestible de l’envoi. Il reçut le bicho par un capoteo sobre et, à la muleta, il dessina des séries de bonne facture. Il n’y eut cependant pas de véritable envol, le toro manquant de cette chispa essentielle, mais le jeune Camarguais construisit un ouvrage solide conclu en deux temps qui fut justement récompensé.

Il ne put rien face à la faiblesse de son second adversaire dont il se défit péniblement.

Ignacio Garibay portait les couleurs du Mexique et le nom d’un grand maestro charro dont il est le rejeton. On sentait sa décision et cette entrega des toreros latins et on le vit à son avantage à la cape.

Il eut beaucoup de mérite face au dernier invalide qu’il entreprit par cercanías dans un petit terrain avec courage et détermination. Son attitude hiératique, son immobilité et sa manière de monter à la corne contraire avait son mérite. Hélas, il gâcha à l’acier ces bonnes dispositions…

Pierre Vidal  –  Photos : Roland Costedoat