Débuts en fanfare de Julio Norte…

 

Jeudi après-midi, troisième de féria, corrida. Lleno. Six toros de Juan Pedro Domecq.

 

Andrés Roca Rey : palmas et division d’opinions.

Pablo Aguado : palmas et palmas

Julio Norte qui prenait l’alternative : deux oreilles et vuelta après avis.

 

 Le paseo a été retardé d’une heure en raison de la canicule.

Le toro d’alternative propriété de Juan Pedro Domecq s’appelle « Delicado », castaño, né en 12/2021 et pesant 521 kilos. Julio Norte portait un costume vert praline et or.

Le banderillero Ivan García a salué au cinquième toro.

La jeunesse a montré les dents hier et Julio Norte a « mis le bain » aux figuras consacrées Pablo Aguado et l’icône Roca Rey. L’exploit restera dans les annales du ruedo dacquois et la connexion du jeune Salmantino avec le public est à marquer d’une pierre blanche. Il aurait pu doubler la mise s’il n’avait pas bafouillé le verduguillo à son second passage, ce qui pour le coup aurait pu être qualifié d’historique.

 

Le lot de Juan Pedro dans le type, ét&itde trapio conforme à ce que l’on demande ici, bien défendu avait ses avantages que Julio sut exploiter. Il était noble et mobile, discret sous la pique et avec plus de moteur dans l’ensemble que la veille les toros du Juli en possédaient. Le lot de Norte a été le plus propice au succès, le premier d’Aguado nettement moins commode parce qu’incertain. Les autres sans relief véritable et finissant a menos bien que maniables.

 

Julio Norte comme débutant avait l’honneur d’ouvrir le bal. Il brinda son toro d’alternative à son père, un autre Julio Norte dont les anciens se souviennent. Domingo López Chaves, son mentor, était associé à cette dédicace.

Avant la cérémonie, le jeune homme avait débuté à cent à l’heure à la cape, faisant preuve d’une variété surprenante : chicuelinas, saltilleras, calecerinas et tutti quanti donnant ainsi le ton d’une prestation marquée par l’entrega, l’ambition, la prise de risque et tout cela avec une maturité surprenante. Il le montra dans sa première faena débutée au centre à genoux. Bien cadencé, il s’inscrivit dans le rythme du toro pour des séries de deux côtés. Le final par circulaires inversées mit la foule debout non seulement par leurs factures, mais par la capacité d’aguante du jeune homme impavide dans le berceau. Une entière dont il sortit bousculé mit le comble à l’enthousiasme. C’était pour lui le rêve, mais il remit le couvert lors de son second passage dans des conditions similaires ; hélas, une épée tombée et trois descabellos limitèrent le succès et la pétition fut minoritaire ce qui n’empêcha pas une sortie d’empereur romain acclamé.

 

Devant cet enthousiasme, Roca Rey sembla aux abonnés absents, se contentant du minimum syndical. Certes Andrés sut donner la distance au premier bicho qu’il domina sans éclat, certes il eut de bons passages par la suite, mais il tua mal et on ne vit plus le jeune Péruvien entreprenant que l’on aimait à la passion. Andrés veut changer son toreo, faire plus classique, mais le public le suivra-t-il ? L’exemple d’hier montre que cela reste problématique. On attend plus et mieux du numéro un.

Pablo Aguado c’est le torero de l’intermittence. Tantôt il est là pour le meilleur et ce fut le cas hier à la cape face au troisième, il imposera aussi sa douceur et sa beauté dans de belles séries face au cinquième en fin de faena, pour le reste il n’y est pas. Il tarde à trouver le sitio, la distance, et son maniement de l’estoc reste défectueux.

Ainsi ce fut le jour de Julio et sans doute celui de l’espoir que l’on met dans la jeunesse qui nous surprend toujours par son énergie, sa foi en elle et sa capacité de séduction…

Pierre Vidal – Photos Bruno Lasnier

 

MATIN

 Guirao et Vara qualifiés pour la finale…

 Novillada sans picadors de feria, un gros quart d’arène, deux heures de spectacle. Cinq erales de El Torero, bien présentés et mobiles, parfois difficiles.

 

Manuel León (bleu clair et or), un pinchazo et une entière, salut.

Bombita (bleu roi et or), une entière, avis, salut.

Israel Guirao (blanc et argent), un pinchazo et trois quarts de lame, une oreille.

Manuel Dominguez (bllanc et or), un pinchazo et une entière basse, silence.

Rubén Vara (bleu et or), une entière, deux oreilles.

 

Israel Guirao (Valencia) et Rubén Vara (Madrid) ont décroché ce matin (jeudi 13 août) leur place pour la finale du concours des novilladas de la feria de Dax. Un résultat qu’ils ont su gagner par leur volonté et aussi leur technique.

Le premier à se qualifier fut Israel Guirao qui enlumina son tercio de cape par un premier farol à genoux et quelques véroniques très basses. A la muleta, il montra une excellente main gauche entrecoupant ses séries par quelques pechos très spectaculaires. Tout au long de sa prestation il fut présent souvent dans de tous petits terrains. Israel comme il l’avait fait lors d’une de ses dernières venues en France, à Plaisance-du-Gers, coupait une oreille.

A ses qualités de lidiador, Rubén Vara ajoute celle d’un banderillero volontaire et courageux qui dans des paires de « poder a poder » arracha les applaudissements nourris du public. Il s’était montré lors d’une porta gayola et plusieurs faroles à genoux. Un tercio où il fit le maximum pour garder dans sa cape un toro attiré par la fuite. Sa faena sans être véritablement construite éclata de multiples bons moments et fut toujours très sérieuse et sur les cornes du toro. Un coup d’épée suffit pour en terminer et lui accorder deux oreilles pour une sympathique sortie à hombros.

Auparavant on avait pu découvrir Manuel León (Badajoz) très à l’aise sur sa main gauche et lui aussi auteur d’une porta gayola. Lui succédait Bombita (Ubrique) qui signa quelques belles véroniques mais se contentait de muletazos sur le voyage. Pour sa défense un toro qui ne répétait pas. Puis vint le Sévillan Manuel Dominguez qui après quelques bons moments à la cape se laissa entraîner dans une faena plutôt fade.

La suite déterminera le vainqueur entre Guirao et Vara…

Jean-Michel Dussol

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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