Retour avec la reseña de Freddy Porte sur le mano a mano Diego Ventura – Léa Vicens avec triomphe et sortie a hombros des 2 protagonistes…

 

Très belle entrée et ambiance festive pour cette programmation audacieuse. Un public sachant apprécier la qualité.

Précisons que lors d’un mano à mano, le règlement exige un banderillero de plus dans chacune des cuadrillas présentes. Ceci explique la présence de Jérémy Banti dans l’équipe de Léa Vicens et Morenito d’Arles dans celle de Diego Ventura. Morenito qui semble parfaitement remis de sa récente blessure.

Un lot de toros de Fermín Bohórquez bien présenté, particulièrement lourd et bien armé. 535 kg pour le plus léger et jusqu’à 560 kg pour le plus lourd, le premier opposé au cavalier de La Puebla.

Bien que différents dans leur comportement, les Biterrois les ont tous applaudis à l’arrastre.

Nos deux artistes en présence ont été élevés au même tonneau, celui des frères Peralta. Ils ont bu ce petit lait qui les a fait grandir tauromachiquement parlant.

C’est dire si loin de s’affronter, ils se complètent par leur différence.

La Belle et la Bête : La grâce et l’audace…

La Bête, n’y voyez rien de péjoratif, au contraire. Diego Ventura est une bête de scène, un animal de spectacle avec une force, une technique, une maîtrise et une détermination hors du commun. Il livra trois grandes faenas qui ont enthousiasmé l’assistance.

Face à Noticias, il se montra guerrier et précis avec Ojo Negro : 2 bons castigos. Avec Quirico ce sont deux banderilles, la première al sesgo après des déplacements latéraux embarquant le pensionnaire de Fuente Rey cité par deux fois à la levade. Un peu tardo, le N°127 ne permit pas à Lío d’exprimer pleinement l’étendue de tout son talent. Le cavalier de la Puebla cloua malgré tout une banderille de face avec le gris. Soprano, un jeune rouan, eut la charge de 3 courtes et deux roses, ainsi que d’en finir d’une entière : 1 oreille.

 

La Belle, mais pas seulement, Léa nous montre une fois de plus qu’elle possède des lettres, un bagage et des ressources, notamment lors de son premier combat face à Ojeado à qui elle coupa deux pavillons. Une faena bien ficelée et un moment de grâce avec Jocker (2 bâtons de face) et Diluvio (3 banderilles). Pistachio avait permis 2 châtiments ; 2 courtes avec Fermín et une entière à effet rapide avec Espontáneo. La présidence n’hésita pas à sortir deux mouchoirs.

Un grand moment avec le 3ème. Diego sortit le grand jeu et reçut Seguidor avec Querido du Duende : 1 premier châtiment bien placé de face à piton contraire et un second de face de poder à poder. Le ton était donné, Nomada 2 banderilles de face avant de laisser la place à Quitasueño pour deux banderilles al quiebro arrêtées très engagées qui soulevèrent l’enthousiasme des gradins. Bronce : 2 banderilles dont une sans bride. Guarana pour 3 courtes al violín et 2 roses puis un pinchazo, une demi-lame et 1 descabello qui libérèrent aussitôt 2 mouchoirs blancs.

Léa revint très déterminée afin de recevoir à portagayola le quatrième exemplaire de la ganadería jerezana. Manso et distrait, Noveleros ne fut pas décidé à jouer le jeu. Il était également brusque dans ses charges et quelque peu imprévisible. Tout ce que les chevaux n’aiment pas. L’effet escompté ne fut pas au rdv et le jeune gris de salida, Pastiso n’avait pas assez de recours pour renverser la situation à supposer que cela fut possible. Ce le fut cependant au deuxième tercio avec le métier de Bético puis avec Guitarra qui faisait ses débuts aux banderilles. Ils s’accomodèrent du Bohórquez. Rappelons que la jument isabelle fut un pilier de salida dans la cuadra de la Nîmoise durant de nombreuses années et qu’elle a acquis à cette place une grande assurance. Nous avons hâte de la voir dans ses nouvelles fonctions, avec des adversaires plus pratiques. Greco et Espontáneo respectivement pour 2 courtes et 1 entière dont l’effet tarda à coucher l’animal. Le public manifesta son impatience de la voix…

Ventura reçut le cinquième avec Guadalquivir. Il infligea à Reducido 2 castigos, le second de face. Lío permit 2 banderilles de face à piton contraire, la seconde citée de loin. Guarana pour 3 courtes al violín et deux roses avant de laisser la place à Soprano pour 3 pinchazos, 1 entière et 1 descabello qui fit s’envoler tout espoir de trophées que la faena eut mérités. Ovation. Nous aurions aimé que lui fut permis une vuelta al ruedo pour la qualité de cette grande faena.

Léa Vicens clôturait la tarde face à Ovacionado, le mal nommé. Pistachio avait la charge de recevoir cet exemplaire un peu pénible de la devise rouge et verte. Il s’en tira mieux que son frère et fut content de passer le bébé à Diluvio qui permit à Léa avec son habileté habituelle, la pose de deux bâtons, le second de face. Pantera eut un peu de mal à rester serein lors de la suerte piaffer de dos et retour face aux cornes, tant le bicho l’attendait à la sortie. La pose fut néanmoins réussie à selle passée. Fermín pour une belle sortie au pas espagnol après 2 courtes. Une entière efficace et rapide d’effet, comme l’aime le public, fit tomber un mouchoir blanc du palco.

Oserai-je, pour conclure, citer Cocteau ? « Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi… »

Freddy Porte