Dax : Ferveur for ever… (1)

 

Le blanc.

Du vêtement baptismal.

 

De lumière

Et d’innocence.

 

De simplicité.

Et de fête.

 

Blanc de la dalmatique.

Dont Isidore de Séville disait.

 

« En raison de sa couleur on la regardait.

Comme un vêtement signifiant la joie ».

 

Et le rouge.

Liturgique.

 

Du sang.

De la fougue.

 

Du danger.

Et de l’amour.

 

Rouge des langues de feu.

Descendues sur les Apôtres.

 

Blanc et rouge.

Sont les arènes.

 

Et.

La tenue des Fêtes.

 

Couleurs.

De la ferveur.

 

Blanc et rouge.

Est Dax en fête.

 

Comme le sont.

Mes souvenirs :

 

De la ville.

Superbe en dévotion païenne de plaisir.

 « Quand sur le coup des dix heures je traversais l’Adour et qu’accoudé au pont je regardais les berges envahies de centaines de jeunes encore endormis, ivres de fatigue et de bonheur. »

 

En une Assomption.

De presque sainteté.

 « Quand la lumière du soleil du matin montant vers son zénith éclairait la plaza ajourée de moucharabiehs. »

 

Et en une allégorie inverse des Marchands du Temple.

 « Quand une banda jouait sous les arbres du parc où des marchands ambulants vendaient ces ceintures de toile et ces bérets rouges qui avec la musique et les chants fondent l’âme dacquoise.»

 

De lieux.

Splendides d’eucharistie de partage.

 « «Chez Bala», au «Bar Basque», «Chez Darrigade» où je retrouvais des amis de comptoir ; chez «Les Moines» des amis gastronomes et au «Dax Thermal» où je fis connaissance de curistes bretons en peignoir.»

 

En évangiles comme autant de Noces de Cana aux portes de Chalosse.

«Au «Splendid » où les serveurs ornaient leur boutonnière de la divisa des toros qui seraient lidiés l’après-midi, on buvait du fino frais en écoutant un orchestre en tenue jouer des rengaines de Glen Miller dans l’élégance aristocratique et débonnaire de l’entre-deux-guerres.»

 

Et en estrambord de miracles.

A la peña «Campo Charro» dont je ne pourrai jamais courir l’encierro, «Chez Darcq» où il y a bien longtemps Pierrot Molas me présenta Fernando Jardón qui devint un ami avant que le gin et les toros aient raison de lui ; «Chez Darcq» où un quinze août de soir d’orage, un coup de téléphone m’annonça le décès de notre père. »

A suivre…