Gustar y aborrecer… (1)

 

J’ai l’envie de revenir au léger.

Au sobre.

Au frugal.

A la concision.

A l’épure.

 

A celle du «Viti ».

A l’incipit de «L’étranger».

A une sole juste grillée.

A une saillie de Voltaire.

A un coup d’épée tout simplement mortel.

 

En vieillissant je n’ai plus le goût au pesant.

Au compliqué.

Au gras.

Au superflu.

Aux agenouillements crispés les bras tendus devant le toro.

 

Au lugubre du «Entre ici Jean Moulin..»

A un pélardon des Cévennes humilié au grill électrique et servi coulant sur des toasts gluten free.

Aux apitoiements de Rousseau.

A la glose épaisse des tertulias de comptoir.

Aux faenas de soixante passes.

 

La magie de la neige imbécile m’emmerde.

Les yeux émerveillés des enfants me fatiguent.

Les bons sentiments me pèsent.

Les randonnées sur les sentiers pleins de cailloux m’insupportent.

Le décompte des puyazos donnés à un toro m’indisposent.

 

Le désert m’enchante.

La garrigue me ravit.

Une réplique d’Audiard dite par Blier me met aux anges.

Le sifflement en quatre notes d’un peintre sur un échafaudage à l’intention d’une gonzesse me comble.

Et une huitre de Bouzigues gobée sur la plage comme le silence de Madrid aussi.

 

Je déteste le bruit de la débrousailleuse au moment de la sieste.

Je n’imagine pas le Ricard autrement que dans un verre embué.

Je ne supporte pas les pages cornées d’un livre et les chemises à manches courtes.

J’appréhende la cendre des cigarettes sur la chemise.

Je voue aux gémonies les aficionados en marcel et en tongs.

 

J’aime me promener seul dans les rues d’une ville en fête.

J’aime les souliers cirés et les mouchoirs blancs.

Et les lunettes sans marques de doigts.

J’aime l’aristocratie de «Habit Rouge» de Guerlain.

Et le plaisir de la poche encombrée de l’enveloppe contenant les entradas…

 

A suivre…

Patrice Quiot