Tal día como hoy : « Pepito »…

«Il disait toujours naïvement ce qu’il pensait et croyait que les autres en faisaient autant. Il ne connaissait ni les détours de la politique, ni les finesses de la vanité. Pour lui, un oui était un oui, une promesse était un engagement. Sa structure d’esprit déconcertait les hommes d’esprit du monde, qui prenaient sa droiture pour de l’ignorance».(Voltaire/ «L’Ingénu»).

Il s’appelait José Monzón mais dans le monde des toros, il était «Pepito». Zébulon nimeño, avenant, coquin et sérieux à la fois, toujours en mouvement, il aimait ses amis, sa ville, ses dérives, ses gens et leurs histoires ; il aimait les toros et il aimait Denis qu’il accompagna de 1985 à 2007.

Comme Jesus avec Stéphane, René avec Lucien, «Le Blond» avec Richard, «Pepito», était une illustration de la fidélité et j’aimais sa simplicité sans redondance et sans prétention, une simplicité érigée en vertu, une forme de quintessence de la vie et d’élévation de l’esprit comme j’aimais son élégance à replier les capotes de son maestro.

«Pepito» «aimait de parler» comme on dit à Nîmes, ; parler de tout : de foot, de gonzesses, de politique, de conneries, de toros avec ce goût immodéré de la parole commun aux mémés de Bachalas, aux pépés du Bosquet, aux jeunes du Chemin Bas, aux étudiants de l’ancien Fort Vauban, aux bourgeois de La Fontaine, aux catholiques de Ste Perpétue, aux protestants du Grand Temple, aux UMP de la mairie, aux communistes du « Prolé », aux commerçants de la rue de l’Aspic ou à ceux des Halles et c’est dans cette langue qui m’enchantait qu’il racontait.

Il racontait qu’une fois à Madrid, l’alguazil lui avait donné des petits coups de cravache sur les doigts parce qu’il s’appuyait à la barrière… Il racontait qu’une fois en Amérique du Sud, descendant ensemble une rivière, ils avaient rencontré des indiens avec lesquels Denis avait sympathisé ; voulant faire plaisir aux autochtones et Denis ayant décidé de leur faire goûter des spaghettis bolognaise, il fut en charge des courses. Il disait que le jour où Denis s’arrêterait, il quitterait le monde des toros ce qu’il a fait après que Denis lui eut brindé son dernier toro.

Il disait aussi qu’il aurait aimé être photographe et m’avait monté la photo qu’il avait prise d’un toro de Sanchez Ibarguen qu’avait tué Denis à Mt de Marsan et qui faisait plus d’un mètre de piton à piton. Un jour de Féria et de soleil, à la buvette des arènes, il me la donna.

Je l’ai sous les yeux en pensant à lui.

José Monzón est mort le 12 septembre 2018 de un paro cardiaco, pendant la feria des Vendanges. Il avait 55 ans et s’il ne me dira plus  en un tendre bégaiement : «Quiot, toi, les trucs que tu écris, c’est sûr qu’on ne peut pas les lire dans le métro ! » Je sais qu’avant de quitter ce merveilleux mundillo, il aura parfaitement rangé l’esportón de ses rêves.

Un abrazo céleste pa’ti «Pepito»…

Patrice Quiot

 

NDLR : Chaque jour depuis de nombreuses années, les titres des articles publiés sont présentés sur Facebook, actuellement Meta. Or, depuis ce samedi, plus moyen pour moi de s’y connecter. Avant de trouver une solution, la publication sera tout de même assurée directement sur le site pour rendre compte des ferias d’Arles et de Dax…