Toros dins lou Nord… (2)
Les interdictions en seraient peut-être restées là si les organisateurs de corrida n’avaient récidivé l’année suivante à l’occasion de l’exposition universelle. Le 15 janvier, une proposition de loi tendant à interdire la corrida sur tout le territoire français était présentée à la Chambre des députés par Paul Charles Bertrand, député de la Marne, pour que la loi Grammont soit révisée. C’est à ce moment-là qu’éclatèrent les incidents provoqués par la S.P.A. le 4 juin, à l’inauguration des « Nouvelles arènes d’Enghien » sur un terrain voisin des précédentes à Deuil-la-Barre. Un Suédois, nommé Aguilin, tira au revolver sur les toreros, en blessant sans gravité un banderillero. La corrida eut lieu normalement, troublée seulement par les cris de contestataires et la trompe dans laquelle soufflait le docteur Philippe Maréchal, anti-corrida notoire. Antonio Montes estoqua quatre taureaux, et malgré la performance médiocre de Félix Robert, la presse taurine salua une corrida intéressante. Mais le développement de la corrida dans le Nord s’arrêta là, car cette « ferveur tauromachique » relevait plus d’une mode que d’une réelle afición de la part de populations férues d’« espagnolades.»
Auguste Lafront rappelle aussi que l’organisation de corridas formelles entre 1898 et 1901 avait été favorisée par la baisse du cours de la peseta qui reprit de la force à partir de 1902, ce qui aboutit du Sud au Nord de la France à une diminution de moitié des spectacles tauromachiques espagnols.
Dans le centre de la France, l’Auvergne est représentée par les arènes de Vichy à partir de 1899 (30 juillet). Ces dernières ont subsisté jusqu’au XXe siècle. Richard Milian s’y est présenté pour la première fois en novillada piquée le 17 juillet 1977 à l’âge de 17 ans. Elles ferment en 1991.
D’autres lieux sont cités dans le Nord de la France comme ayant donné des spectacles de corrida : Maisons-Laffitte (printemps 1895, corrida privée organisée par l’industriel Lebaudy), – Nantes (arènes de Longchamp, juillet 1906 avec Noble, Murciano et Loreto) ; Malo-les-Bains (9 août 1903 avec Carrita).
Elles n’ont néanmoins pas survécu au début du XXe siècle…
Patrice Quiot
Reprise le 26/09
