L’architecte libellule…

 

Comme procédait Ictinos.

Lorsqu’il dessina les lignes du Parthénon.

D’abord il ébauche.

 

Par tangentes, diagonales.

Et sécantes.

D’une géométrie calculée.

 

Il définit l’angle d’approche.

Et détermine.

La bissectrice de la rencontre.

 

Le travail de séduction se décline en arrondi.

De main droite baladeuse.

Et de genoux pliés en compas.

 

Butinant l’approximatif d’une arrancada.

Voletant de piton à piton.

Ensemençant ce qui encore relève du débridé.

 

Le trait implacable.

Marque une destination.

Et pose un ordre.

 

Celui de la sagacité et de la domination.

Le tout.

Avec la délicatesse d’un battement d’ailes de libellule.

 

Confondu par cet introït amoureux dit par un entomologiste.

Le noir se rend et tout peut alors commencer.

Dans un envol de gestes.

 

« Découpés, ondés, dentelés, des fils d’aranéide en or, en argent, des brouillards de soie,

Des fleurs brodées par les fées ou fleuries par des génies emprisonnés,

Des plumes colorées par les feux du tropique ».

 

Doux.

Le cite.

Légèrement fuera de cacho.

 

Une épure

Plus qu’un trait.

Un léger frémissement d’élytres.

 

Un Ictinos minutieux du détail d’un motif.

Un Jean-Henri Fabre herborisant dans un massif de menthe sauvage.

Un érudit de la doctrine et un barde du sentiment en un torero réunis.

 

Pour ne pas trop obliger.

Et préserver intacte.

Une délicatesse.

 

Le toque incite.

Les pieds d’airain comme racines.

La jambe contraire comme oukase.

 

L’épaule basse.

La ceinture comme une houle.

La cambrure de la grâce.

 

Et le poignet.

A la souplesse serpentine.

Font de chaque passe un baiser de libellule.

 

« À la fois puissante et libre,

Sœur du vent, fille du ciel,

Son aile frissonne et vibre comme le luth d’Ariel ».

 

Una architecture de plaisir.

En élégance de lys et nénuphars.

Et à l’odeur de vérité.

 

Un toreo d’oiseau sur l’épaule.

Et des coups d’épée.

A manger les étoiles.

 

Qui répand une poudre de sonnets.

Et de vers palpitants.

Sur des notes légères.

 

Un abandon.

Sans concession dans la manière.

Et sans rupture dans la scansion.

 

Un « Ah ! donnez-moi le vent du soir sur les prairies,

Et l’odeur du foin frais coupé, comme en Bavière

Un soir, après la pluie, sur le lac de Starnberg ».

 

Un enchantement

D’architecte libellule.

Daniel Luque…

 

Datos

Daniel Ruffo Luque

Né le 21 novembre 1989 à Gerena (Séville)

Débuts en novillada piquée : 19 mars 2005 à Cortes de la Frontera ; novillos de Soto de la Fuente aux côtés de Roque Garijo et Javier Bernal

Présentation à Madrid : 23 juillet 2006 ; novillos de Buenavista aux côtés d’Emilio de Justo et Salvador Fuentes

Alternative : 24 mai 2007 à Nîmes devant le toro «Portante», n°149, negro, né en février 2003, 470 kg, d’El Pilar ; parrain : El Juli, témoin : Sébastien Castella

Confirmation d’alternative à Madrid : 5 juin 2008 devant le toro « Vazqueño », n°53, negro, 576 kg de Victoriano del Río ; parrain : Javier Conde, témoin : José Tomás

Confirmation d’alternative à Mexico : 20 décembre 2009 devant le toro « Sangre Nueva », n°54, negro, 554 kg de Julián Hamdan ; parrain : Guillermo Capetillo, témoin : José Luis Angelino

 

Apoderados :

 

José Maria González de Caldas (2006/2009)

José Luis Marca (2009/2010)

Simon Casas (2011/2015)

José Ruiz Palomares (2016/2017)

Jean-François Piles (2018/2019)

Carlos Zuñiga Hijo (2020/2022)

Juan Bautista (2023/2024)

Luis Manuel Lozano (2025)

 

FIT (Fusion International de Tauromaquia) par son représentant espagnol, l’ex matador de toros Antonio Barrera…

Patrice Quiot