José María à Séville ou un marquis sur le retour chez Ladurée…
A l’époque de sa splendeur le marquis y avait ses habitudes.
Et les familiers du lieu n’oublient pas.
Qu’il y a quinze ans sa grâce avait pardonné la vie à «Arrojado».
Et que l’année suivante, une fois encore.
Le maitre d’hôtel l’avait salué bien bas en avril et en septembre.
Quand il lui avait ouvert la Príncipe.
Mais même s’il porte toujours beau.
Si son allure rappelle toujours la noblesse de son ascendance.
S’il sait encore bien se tenir dans un salon.
En en respectant les manières.
Sans trop commettre de fautes de goût.
Le marquis a vieilli.
Les rides s’attachent plus à l’esprit.
Qu’au visage.
Son pas moins assuré.
Quelques fois vacille.
Sa main moins impérative.
Quelquefois hésite.
Et, le sentant.
Le marquis va.
Sur la pointe des pieds.
Fait peu.
Là.
Où d’autres font beaucoup.
Il tergiverse.
Biaise.
Temporise.
N’est pas à l’aise sur sa chaise.
Mange avec les doigts.
Et fait tomber sa serviette.
L’élégance.
S’efface.
Le thé pris en sachet n’est pas de mise.
Le luth de Farid El Atrache laisse la place à l’accordéon d’André Verchuren.
Le style de Le Clezio à celui d’Anna Gavalda.
Le feutré de Ladurée au désuet d’un salon de thé à Romorantin.
Il expédie.
Les affaires courantes.
Il classe.
Les dossiers.
Il attend de prendre le bus.
Pour vite rentrer à la maison.
Le commun.
Devient presque son ordinaire.
Le travail à la chaine.
Remplace la dentelle.
Marcel Langlade en cotte à bretelles.
Remplace José María Dols Samper en luces.
Dont l’humeur devient acariâtre.
Quand les scones servis ne lui conviennent pas.
Et qu’il ne peut plus les beurrer.
Sans faire de miettes.
Comme il le faisait jadis.
A l’époque de sa grandeur qui aujourd’hui le dépasse.
Le marquis avait fait découvrir à la Maestranza le raffinement.
Des macarons du 16 rue Royale.
Vendredi dernier, le marquis lui a servi.
Un quelconque arroz a banda d’une venta de bord de route entre Alicante et Elche.
Et le respectueux silence de Séville qui lui a implacablement signifié son manque de tact.
Sonnait à son encontre presque comme un mouchoir vert.
Photo : Muriel Feiner
Datos
25/09/2026.
Plaza de toros de La Real Maestranza de Cabellería, Sevilla.
Segundo festejo de la Feria de San Miguel 2026.
Lleno de ‘No hay billetes’.
Toros de Puerto de San Lorenzo (2º,3º y 4º) y La Ventana del Puerto (1º, 5º y 6º), desiguales de presentación, de tipo y de cuerpo. El más justo fue el segundo. Corrida desrazada en su conjunto, sin entrega ni fondo. Con clase el primero. Rajado, aunque con opciones el segundo. A menos el tercero. Sin opciones el cuarto, de embestida descompuesta y con genio por no apoyar bien los cuartos traseros. Manso con genio el quinto, de mucho disparo. Sobre las manos el sexto, que se descompuso en la ligazón.
JOSÉ MARÍA MANZANARES, silencio y silencio.
ALEJANDRO TALAVANTE, oreja y ovación tras dos avisos.
JUAN ORTEGA, silencio y silencio tras aviso.
Patrice Quiot
