Tinín : «Fuera de los ruedos, tuve una vida de golfo… y en el toreo duré un cuarto de hora»…
Civilement, il s’appelait José Manuel Inchausti Díaz, mais sur les affiches il apparaissait sous le nom de «Tinín» en hommage à Faustino, son frère ainé, retiré du toreo à dix-sept ans après l’amputation d’une jambe trouée par une épée.
Soixante ans après, «El Correo de Burgos» rappelait la chose : «8 de mayo 1960 ; plaza de toros «Los Vadillos» de Burgos. Ese día, el fundador de la dinastía, Faustino Inchausti ‘Tinín’, toreaba una novillada sin caballos frente a erales de Luis Martín Tejedor, alternando con Jacinto López ‘El Rerre’, de Ciudad Real, y Sebastián Martín. A su primer novillo, le cortó una oreja, paseada por su cuadrilla tras haber sufrido un percance al entrar a matar. La espada salió rebotada tras un pinchazo y se le clavó en el muslo derecho. Durante tres horas fue operado en la Clínica Barrantes de Burgos para ser trasladado al Sanatorio de Toreros de Madrid de madrugada. Debió ser intervenido de nuevo en la madrugada del 10 de mayo por la falta de riego sanguíneo en su pierna, hasta que el 21 de mayo de 1960 hubo que apuntarle la pierna derecha en una operación dirigida por el doctor Giménez Guinea».
José Manuel Inchausti «Tinin», le frère de Faustino, a effectué une carrière courte mais intense :
Quatre oreilles lors de ses débuts avec picador à Las Ventas le 20 juin 1965 et «El Ruedo» qui titrait «Ha surgido la figura » ; Cape d’Or à Nîmes le 30 avril 1966 avec les Pinto Barreiros, Sánchez Bejarano et Flores Blásquez avant Séville le 8 mai avec la novillada de Carlos Núñez ; «Riverita», ídolo novilleril, ouvrant le cartel, «Paquirri» qui y avait débuté et triomphé le dimanche précédent et «Tinín» que se presentaba ; magnifique d’art et de courage; José Manuel Inchausti coupa trois oreilles ; pour des raisons inexplicables, le président lui refusa la Porte du Prince. «Tinín» la franchit en marchant ; à la sortie, il fut porté a hombros jusqu’à l’hôtel Colón, mais il ne revint plus jamais à Séville.
Mais… treize jours plus tard, le 21 mai 1966 en pleine San Isidro, Paco Camino lui donne l’alternative avec Le Viti comme témoin.
Madrid, où il se produisit 28 fois, coupant 17 oreilles et obtenant cinq sorties a hombros ; quatre Puertas Grandes à Bilbao et la dernière queue accordée dans l’ancien «Chofre» de Saint-Sébastien.
Les triomphes de Valence, Cordoue, Pampelune, Málaga…
Quatre saisons au sommet, au cartel de toutes les grandes férias avec toute l’Amérique taurine en gloire et Manolo Chopera comme apoderado ; 59 corridas en 1966 ; 50 en 1967 et Nîmes le 13 mai 1967 avec Camino et Le Cordobés pour une sortie en triomphe.
Retirada en 1970 ; retour pas abouti en 1974 et retirada définitive en 1977.
Clap de fin taurino.
Un peu de show-business, agent de toreros, casa Matilla, Mexico…
De bric et de broc, il sombra dans l’alcool et son père lui vola les quelques biens qu’il possédait.
« Fuera de los ruedos, tuve una vida de golfo y en el toreo duré un cuarto de hora. » confessait-il.
Rocío Jurado lui dédia un pasodoble :
« Cubierto de seda y oro
y lentejuelas de plata,
llega Tinín ante el toro
con su capa de escarlata.
Y una flor de primavera
en la capa de Tinín,
que perfuma todo el ruedo
con esencia de jazmín.
José Manuel, José Manuel Inchausti,
el gran Tinín,
es el torero de más salero
y de los ases el benjamín. »
Datos
José Manuel Inchausti Díaz, «Tinín», né le 28 octobre 1946 à Madrid.
Il revêt son premier habit de lumières le 31 mars 1963 à Logroño.
Première novillada piquée le 18 juillet 1964.
Il triomphe à Séville le 8 mai 1966 comme novillero.
Il participe à 80 novilladas piquées avant de prendre son alternative à Madrid, le 21 mai 1966 avec pour parrain Paco Camino, et pour témoin El Viti devant le taureau Perruno d’Alipio Pérez.
En dépit de ses qualités et de succès importants, entre autres quatre « Puerta Grande » à Las Ventas, Tinín n’arrive pas à faire la carrière qu’il espérait.
Il se retire du ruedo au début des années 1970 pour ouvrir un restaurant à San Sebastián de los Reyes, puis il se lance dans le show business en qualité d’agent artistique pour le chanteur Juan Manuel Serat.
Il revient dans l’arène le 5 mai 1974 pour une vingtaine de corridas, mais les contrats se font trop rares ensuite, et le matador se retire définitivement à la fin de la saison 1977 après avoir coupé une dernière oreille à Madrid (17 oreilles au total pour 28 tardes).
Il arrête là sa carrière pour devenir homme de confiance et veedor dans la casa Matilla.
Il s’installe quelques années à Mexico puis revient en Espagne.
Il meurt le 1er novembre 2020, à Valence, à l’âge de 74 ans.
Patrice Quiot

