Le bleu de las ocho y siete minutos…
Bleu.
D’un matin de día de toros.
A las ocho.
Y siete minutos.
Bleu.
Des chemises des maçons aux aisselles délavées par la sueur des chantiers.
Bleu.
Des jeans aux jambes usées à s’y frotter les mains du travail.
Bleu.
Des veines saillantes de ceux du marteau piqueur des tranchées de Crégut.
Bleu.
Des chemises «Souleiado» des filles à la Pentecôte.
Bleu.
Du reflet de l’eau dans les caniveaux de Bachalas.
Bleu.
De la télé éponyme avec Yves, Jean, Michel, Patrick, Serge, Jacques-Olivier, Sylvie et Aurélia.
Bleu.
Des arènes éclairées en nuits de Levi Strauss.
Bleu.
D’azur de l’héraldique.
Bleu.
De l’indigo égyptien du bonheur.
Bleu.
De Klein, celui de la gloire posthume en un cercle.
Bleu.
Qui honore la généalogie et le lignage d’un sang qui est presque celui du ganadero.
Bleu.
Du Gardon au Pont St Nicolas des Frères Pontifes où à quinze ans, nous allions nous baigner.
Bleu.
Du blouson de Michel Gilles et de celui de Michou au «Rugby Bar» de la Placette.
Bleu.
De la Vierge de Santa Cruz, celle des Oranais du pèlerinage de l’Ascension et des souvenirs de là-bas.
Bleu.
De la devise de l’Amarée et de celle d’Aubanel.
Bleu.
De la chicorée sauvage de la garrigue entre Poulx et Cabrières.
Bleu.
Du paquet de «Gauloises» acheté au bureau de tabac au coin de la rue St Antoine.
Bleu
Des yeux de Lalo et de Maxime dans le patio de caballos.
Bleu.
De ceux de Nadine et Christine.
Bleu.
Des cotons de méthylène entre les doigts de Léandre..
Bleu.
De délicatesse sans souillure.
Bleu.
De transparence sans soupir.
Fumant une cigarette.
A la fenêtre de l’appartement de ma fille.
Un matin de día de toros.
A las ocho y siete minutos.
Ce bleu de Nîmes.
Je voyais.
Patrice Quiot
