Gringos y Aztecas…

 

L’appellation « gringo » désigne les étrangers d’origine non hispanique, argotique, voire péjorative, elle dénomme en premier lieu les Nord Américains. Le partage de plus de 4000 kilomètres de frontière avec le Mexique explique sa qualification de Mexamérique (1) et le propos…

Les toreros « americanos » ont tous fait leur apprentissage en pays aztèque :

Harper Lee fit sa première apparition à Guadalajara (1908).

Sydney Franklin à Villahermosa (1930) ; John Fulton à Xajay (1960). Ces deux derniers prirent l’alternative, l’un à Madrid (1945) ; l‘autre à Séville (1963). Chacun écrira bien sûr un traité de Tauromachie (in inglés of course !).

Dans ce quintet de base, Patricia Mac Cormick, première novillera US au Mexique (1951) et Betty Ford, première torera américaine en la plaza de Mexico le 21 août 1955 où elle coupe 2 oreilles (1+1) novillos de Coaxamalucan.

 

« Immense frontière entre le Mexique et les États Unis regorgent de massacres exotiques .» JB Maudet 

 

Durant la décennie 1940-1950, les arènes de Tijuana, Tecate, Mexicali, Ciudad Juarez accueilleront dans leurs gradins le tout Hollywood : Orson Welles, Lee Marvin, James Coburn, Ava Gardner, Franck Sinatra, Yul Brynner et Stefanie Powes qui sera « práctica » un certain temps. 

Chacun vivra son aficion à sa manière, ils ne se contenteront pas d’être épigones (disciples sans personnalité) de don Ernesto Hemingway.

Orson Welles sera en piste sous le sobriquet « El Americano » dans les années 30 à Séville, il vit dans le quartier de Triana. Le 17 Mai 1987, les cendres du « Tío Orson » sont dispersées dans la finca San Cayetano, propriété du Maestro Antonio Ordóñez à Ronda. 

James Dean fera ses premières passes à Tijuana puis Ojinaga avec une cape de Sydney Franklin. Il se présentera avec le même capote pour interpréter un passage du livre « le matador » au célèbre Actor’s Studio de New York. Devant l’incompréhension du jury, il quitte le cours d’art dramatique. Le 30 Septembre 1955, il rencontre le toro de la carretera  à Salinas ; sur le siège arrière du spider se trouve le trasto…

Budd Boetler en compagnie de ses deux amis Fermin Espinosa « Armillita » et Carlos Arruza, commence une carrière novilleril. Gravement blessé, il sera conseiller dans de nombreux films taurins notamment : « La dame et le torero » avec Robert Stack ; « Le brave et la belle » avec Arruza…

Dans la suite du générique, Anthony Quinn, né d’une mère mexicaine, Manuela Oxaca, sera dans les films Arènes Sanglantes (1941), La corrida de la peur (1951), The magnificent matador (1955).

Rita Hayworth, Carmen Cansino à la ville, sévillane par son père Eduardo, « la  diosa del Amor » mimera l’estocade au taureau représenté par Tyrone Power dans « Arènes Sanglantes ».

Ava Gardner, lors du tournage de « Pandora » de Albert Lewin (1951) découvre l’Europe, l’Espagne et le torero catalan Mario Cabré. Elle s’installera dans la péninsule ibérique. « Le plus bel animal du monde » surnommé par la presse People, rencontrera Luis Miguel Dominguín. Elle découvre ainsi les passes « al alimón » dans les tientas.

Laureen Bancall éclairera de son regard magnétique le duo Dominguin / Ordóñez le 15 août 1959 à Bayonne ; don Ernesto est en contre piste avec Domingo Ortega.

Plus près de nous, Sharon Stone (Basic Instinct, Casino) défendra avec véhémence son amour de la corrida et ses valeurs en 2012 sur Telecinco.

Au vu de cette « aficion a los toros » développée grâce au Mexique et l’attitude actuelle mise en place, laissons le mot de la fin au célèbre journaliste taurin Gregorio Corrochano : « La corrida est ou n’est pas. »

Jacques Lanfranchi   El kallista 

 

Crédits photos

p1 Bull fighting à Dodge city (19e siècle) collection UBTF

p2 Yul Bruner (Mexique 1950) lyn Sherwood

p3 El économista février 2024

p4 emblème club taurin de New York

 

Bibliographie

La fiesta brava en Mexico, Heriberto Lanfranchi (1978)

Bayonne, sept siècles de première, Claude Pelletier (1993)

Yankees in the afternoon – Lyn Sherwood (2002)

El toro de la carretera blog – El Kallista (2016)

Matador Yankee – Jean Baptiste Maudet (2019) réf 1 et  3

 

(Communiqué)