Publication du N° 1452 : Tardes de Soledad…

 

Le film d’Albert Serra aurait très bien pu s’appeler «Le rouge et le noir», si ce titre n’avait pas été déjà pris depuis longtemps. Ce n’est sans doute pas par hasard que Roca Rey est filmé, dans toute la première partie du documentaire, avec un costume pourpre brodé de noir, tandis que le toro est noir. Dans la deuxième partie, quand Roca est habillé de noir et d’or, c’est le toro qui n’est plus noir, tour à tour châtain, grisonnant ou à la robe parsemée de poils blancs, ce blanc qui fait davantage ressortir le sang, lequel coule et s’enfuit vers l’inexorable tout au long du film.

 

Car c’est un film qui ne masque ni la mort, ni le sang. Le sang rouge, symbole de la vie ; le noir, symbole de la mort.

 

Certains aficionados reprochent au réalisateur d’insister sur la mort du toro. Pourquoi avoir honte de la mort puisqu’elle est là ? Pourquoi se détourner du sang sans lequel il n’y a pas de vie possible ?

 

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