Bilan positif pour ce 40ème anniversaire de Cheval Passion 2026 à Avignon…

 

Beau succès pour ce rdv équestre hivernal qui s’est terminé le 18 janvier dernier.

Les premiers jours ont bénéficié de températures des plus clémentes. La fin de semaine, une petite pluie et un ciel nuageux a quelque peu perturbé les activités extérieures.

Le public s’orienta tout naturellement dans les halls pour y profiter des diverses animations et show d’élevages. Ou tout simplement pour quelques achats !

Belle réussite également pour le grand spectacle des Crinières d’Or qui est le fer de lance de ce Salon Provençal du Cheval.

Pas moins de 5 représentations jouées quasiment à guichet fermé.

Huit tableaux de qualité et d’intensités diverses se sont succédés. Pratiquement tous de bon niveau avec pour point culminant, l’intervention de la Garde Républicaine. Ce dernier marquant l’évènement.

Sous les ordres de Mme le colonel Marie-Haudrey Leheup, les timbaliers ont donné la cadence sur leur gris percherons.

Un melting-pot, fruit d’un savant mélange des tableaux qui ont été présentés ces dernières années lors de leurs différentes participations, la Grande Dame Républicaine a littéralement séduit le public. Ce fut du plus bel effet !

Lanciers, dresseurs, motards, sauteurs, se croisent et s’entrecroisent avec une dextérité surprenante.

En ouverture, les athlètes de France Voltige donnèrent le ton et le coup d’envoi de ce 40ème Gala.

C’est avec une nouvelle interprétation du Miroir que les sœurs Delgado ont enchaîné avant de laisser la place à Frédéric Pignon et sa liberté de six Pur-sang Arabe alezan.

Samuel Hafrat prendra le relais avec son équipe de cascadeurs pour nous offrir ce qui se fait de mieux en matière de voltige-spectacle : voltige de cirque en longe, cosaque en ligne droite et en cercle etc. tout cela dans un rythme effréné…

Les élèves de Gary Zoher égrainent et déclinent les difficultés des exercices de Haute-Ecole, allant jusqu’aux fantaisies de l’amazone renversée et autre présentation sans bride.

Le cheval évoluant avec une simple cordelette en guise de collier de chasse.

Le show se clôtura avec le carrousel de l’équipe d’équitation de travail qui fut largement plébiscité. Une reprise sobre et enlevée recueillant les suffrages du public quelque peu partisan…

S’il y eu quelques imperfections, elles furent mineures, soyons bienveillant, « La critique est aisée, mais l’art est difficile » et rappelons-nous surtout, les mots du Duc de Newcastle : « L’Equitation en appelle à la plus noble des qualités humaines : La Tolérance. »

A noter que lors de la dernière représentation du dimanche après-midi, nous avons pu assister à l’hommage rendu à Huttin de Chaney pour son départ à la retraite. Ce selle Français de 18 ans de robe bai effectuait en Avignon sa dernière présentation publique avant de rejoindre de verts pâturages.

Il fut honoré d’une haie d’honneur formée par les gardes présents.

Nul doute qu’une ration, un picotin… l’attendait en coulisse…

Ce fut un moment de grande émotion et de respect.

Calixte de Nigremont et Yannick Bichon, les voix de Cheval Passion, appelaient déjà les artistes pour un dernier salut en piste.

Parmi les différentes animations évoquées plus haut, les shows d’élevage prirent une large place, le cabaret équestre n’était pas en reste non plus. Les plus pénalisés furent évidement les épreuves de tri de bétail pour cause d’absence de ce dernier, confiné en raison de Dermatose Nodulaire Bovine.

Des parcours de maniabilité ont été une option pour les passionnés de ces disciplines.

N’omettons pas les ventes de chevaux et l’Open de Pas Espagnol…

Je voudrais évoquer parmi les différentes conférences, la table ronde du jeudi 15 janvier à 17h sur le thème de l’Equitation de Tradition Française.

Chaque intervenant disposait de 10′ pour présenter son point de vue.

Le général Alain Puligny, en maître de cérémonie, présentait le sujet et donnait la parole aux participants.

Il orchestrait cette table ronde et réglait les interactions avec les auditeurs.

Guillaume Henry prit la parole pour définir ce qu’est l’Equitation Française selon le travail effectué pour la présentation du dossier soumis à l’UNESCO qui vit la reconnaissance de la dite Equitation en 2011.

Le rôle du colonel Gabriel Cortes fut de souligner l’apport marquant de quelques célèbres écuyers au cours des siècles : Pluvinel au 17ème siècle ; La Guerinière au 18ème ; Baucher au 19ème ; Lhotte au 19ème. De Carpentry au 20ème.

Pascal Mary : Comment enseigner l’équitation de tradition française en insistant sur le consentement du cheval ?

Frédérique Mercier intervenait au nom de l’IFCE : A quoi sert l’équitation française au quotidien ; Mission du Cadre Noir ; Ethologie ?

Mme le colonel Marie-Audrey Leheup (commandant le régiment de la Garde Républicaine) : Comment utiliser l’Equitation de tradition Française au sein de l’institution lors des missions qui lui sont attribuées ?

Frédéric Lescot (Confrérie des Gardians) Comment utiliser l’Equitation française au profit de l’équitation de travail ?

L’écuyère espagnole, Belén Bautista se recommenda également de l’Équitation de tradition Française à travers La Guerinière, se plaisant à rappeler que le Dr Guillermo Borba a joué un rôle primordial dans la formation des premiers écuyers et le dressage des premiers chevaux de l’École Royale Andalouse d’Art Equestre.

On sait par ailleurs que les Portugais sont très attachés à la culture équestre française. Dommage qu’ils n’aient pas été représentés !

Débat avec la salle : Emmanuel Seltes évoqua le bien-être animal.

Le président de la FFE, Frédéric Bouix, a eu le privilège de faire l’intro et la conclusion.

Quant au nouveau directeur général de l’IFCE, Ludovic Paceau, il fit une synthèse de cette riche table ronde.

A-t-on oublié de parler de technique ? Sans doute ! Pourtant l’équitation française, c’est certes une philosophie, mais avant tout un savoir-faire… Pour enfoncer le clou, permettez-moi de citer l’écuyer Jean-Marie Donard, prenant l’exemple de l’effet d’ensemble « conçu et mis au point par l’un des plus grands génies équestres de tous les temps : François Baucher, à qui l’équitation  que l’on dit française doit tant… et d’ajouter : si vous souhaitez poursuivre le dressage de votre cheval jusqu’aux plus hautes difficultés de la haute école, mettez-le à l’éperon et habituez-le à l’effet d’ensemble, sauf si vous comptez sur un bon chéquier et sur les progrès de la génétique qui peuvent, en partie, pallier le manque de savoir.  ». A méditer !

Cela pourrait-être, pourquoi pas, l’objet d’un prochain colloque en 2027 ?

Avant de vous donner rdv en janvier prochain pour la 41ème édition, sachez que toute l’équipe y songe déjà et que les metteurs en scène Fabien et Maurice Galle ne sont pas à court d’idée.

A l’An que ven !

 

Freddy Porte

Photos : Martine Clément